En réponse à la “fermeture” du poste sur l’école Jean Moulin, dans laquelle je travaille depuis 14 ans, nous avons été reçus en audience à l’Inspection Académique. Le site des CE1 (en lien sur ce blog) que nous avions ouvert comme  une fenêtre sur notre travail  peut devenir à travers le forum, un lieu de d’information et d’échanges pour mieux comprendre le bon ou le mauvais fonctionnement de l’école.

Le texte qui suit est celui qui introduit de débat sur le forum du site des CE1. La décision administrative  est sans appel !

Voici la  seule réponse que l’on peut faire : refuser les chiffres, défendre l’avenir des enfants : RESISTER!

“Oui, il faut toujours résister! Dans notre école ce serait presque un pléonasme…puisque l’école s’appelle Jean Moulin. Sans doute que cet homme valeureux, issu de la haute administration nous inspire, lui qui l’a combattue quand sa conscience lui a dit de ne plus la suivre. Opposé à l’occupant et à l’administration française qui le tolérait, il a défié l’autorité et s’est mis au ban de ce système au risque de sa vie  pour défendre des valeurs universelles! Jugé terroriste, traqué, torturé à mort, son nom honore aujourd’hui le fronton de nombreuses écoles pour ne pas oublier, bien sûr, mais aussi rester vigilants!

C’est ce que l’équipe enseignante et les parents de cette école ont fait depuis de nombreuses années, rester vigilants pour non pas demander des moyens en plus, mais toujours pour éviter d’en perdre.

Le combat engagé aujourd’hui en témoigne. Contre la loi implacable des chiffres assénée par l’administration, notre école répond par des visages d’enfants auquels il faut accorder autre chose que des miettes pour pouvoir les nourrir correctement.

Autrement dit, déplacer un poste d’enseignant spécialisé veut dire, pour nous,  le supprimer sur notre école puisque les élèves étrangers dits primo-arrivants devront se déplacer. Pire encore, privés de cette enseignante spécialisée, tous les enfants secondo-arrivés ne pourront pas bénéficier de cette aide adaptée.

Cette seconde catégorie n’existe pas dans les registres administratifs qui considèrent que “le bain de langue” de la classe ordinaire est suffisant. Mais dans la réalité, elle existe bien : des élèves qui n’ont bénéficié que d’une demi-année pour apprendre le français et être intégrés dans la classe de leur âge ont encore besoin  de cette aide spécifique.

Donc non seulement, il ne faut pas la supprimer, mais au contraire l’amplifier, pour aider TOUS  les élèves, ceux dont il s’agit mais aussi tous les autres pour lesquels la qualité et la quantité du temps pédagogique seront  amputées. L’ enseignement différencié déjà très difficile deviendra impossible ; et là,  l’évidence est implacable : l’enseignant est seul et la journée n’est pas extensible!

Résister c’est d’abord être informé : les parents qui nous ont accompagnés à l’audience à l’Inspection Académique pour défendre le poste de RI et non pas CLIN….l’ont bien compris.

Quand des moyens sont enlevés du haut de l’administration, il est de notre devoir de l’informer des dommages causés parce que nous sommes sur le terrain. Dire ce qui l’en est, c’est peut-être résister, en tout cas, c’est un devoir citoyen.

Notre spécificité est notre force : la mixité sociale réclamée partout pour plus de démocratie existe dans cette école.

Elle fonctionne puisque les plus forts parlent pour les plus faibles pour éviter les cassures, les communautarismes et autres ségrégations.On ne va quand même pas nous le reprocher! Alors, continuons à faire vivre cette démocratie  et continuons le combat!

 Bien sûr, c’est rageant de réclamer ce qui est dû puisque c’est   inscrit dans la déclaration de droits du citoyen, mais à l’évidence c’est nécessaire.

Ce site est une fenêtre ouverte sur l’école pour montrer ce qu’on y fait, mais aussi ce que l’on ne pourra plus faire.La partie  forum prend donc toute sa valeur et est l’outil idéal pour cela;

Le dialogue est lancé….c’est à vous!”

J’espère que cet appel sera entendu!

Dernières nouvelles de l’école: des maîtresses qui les unes après les autres tombent malades, cela fragilise toute l’organisation de l’école mais surtout c’est un des signes des grandes difficultés rencontrées tous les jours :trop d’élèves, des moyens supprimés, peu de remplaçants….
On peut tirer sur l’élastique…mais il y a toujours un moment où il finit par craquer!

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