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Mes écrits, Master Class

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De nouveau sur la masterclass d’Eric Emmanuel SCHMITT.

L’exercice demandé est de prendre un conte et de donner le point de vue d’un personnage différent des personnages principaux ou qui sont naturellement les héros sympathiques. J’ai choisi le personnage de la méchante reine dans Blanche-Neige, pour essayer de comprendre pourquoi elle est aussi cruelle.

Je ne lui cherche pas d’excuses mais plutôt des explications : la douleur, la peine, la frustration, la jalousie peuvent déclencher chez  des personnes à priori inoffensives, plus dans les paroles que dans les actes de justement passer la ligne rouge et commettre l’irréparable.

La méchante reine en  arrive à vouloir la mort de sa belle-fille…pourquoi? Cet exercice résonne aussi dans le questionnement sur la manière de réagir dans des situations similaires de conflit familial, comme ceux que nous voyons dans les déchirements des divorces et les conséquences désastreuses qui en découlent. Ce ne sont pas des meurtres physiques, quoique, mais des assassinats psychologiques qui entrainent des situations dramatiques avec des familles déchirées et éclatées : un sociologue a nommé la destruction d’un parent par un autre : l’aliénation parentale.

Voici le texte que j’ai fait pour cet exercice : un des élèves de la masterclass qui l’a lu l’a trouvé intéressant…et vous?

Exercice n° 9   « Le point de vue »  dans un conte, celui de la méchante reine de Blanche neige !

 

« Miroir, mon beau miroir…suis-je la plus belle ? »

  • « oui, ma reine, tu es la plus belle, la plus belle de tout le royaume ! »

La reine se redressa, le cou raidi par la fierté, jeta un regard alentour mais personne n’était  là pour contredire.

  • Merci miroir, mon beau miroir !

Le voilà flatté lui aussi. Beau ! avait t-elle dit. Mais alors pourquoi jeter aussitôt cette tenture sur lui ! Fin de l’entrevue !Un miroir peut-il mentir ? Un miroir peut-il parler ?

Pour en être réduite à parler à son miroir et penser qu’il vous répond, soit vous avez bu quelque chose de bizarre, soit vous êtes bien seule, soit évidemment vous êtes dans une histoire irréelle, un conte par exemple !

Cette reine, si belle, ne croyait plus en son miroir. Bien sûr qu’il lui mentait. Elle voyait bien quelques rides rayer son front et son cou..son cou ! Elle le cachait désormais dans une coiffe sombre qui enrobait toute sa tête, laissant apparaître son visage  plus pâle, plus…non, ce n’était pas de la porcelaine encadrée par l’ébène de sa chevelure. Le visage de sa belle-fille apparut aussitôt !

Mais pourquoi et comment se comparer à  sa belle-fille ? Déjà cette façon de la nommer était provocatrice !

Belle-fille, belle surtout pensa-t-elle, cela ne suffit-il pas ? Belle, parce qu’elle est  jeune : la jeunesse qui rend belle, mais ma fille tu faneras comme les autres ! Moi aussi, j’étais belle…ces mots étaient  insupportables ! Non, s’écria-t-elle en se retournant violemment vers son miroir :-«  je suis, je suis je suis BELLLLLLE ! »

Et dans un râle sanglotant, elle s’effondra sur son fauteuil !

Elle pleura, pleura et se laissa emporter par ce fleuve de larmes qui la laissa épuisée. L’épaisse tenture qu’elle avait jetée sur son miroir avait glissé sous la tempête qu’elle venait de provoquer dans sa chambre, son immense et froide chambre de reine !

Un rayon de soleil vint frapper l’angle de ce miroir ainsi découvert. Le jour se levait, ce qu’elle redoutait par dessus tout :   le jour, ce jour  qui inonde de lumière la beauté de la nature et révèle avec douceur et harmonie les traits de la jeunesse.

Le visage de Blanche-Neige lui apparut de nouveau qu’elle raya d’un revers de manche en hurlant de nouveau :

– Je suis BELLE, JE SUIS BELLE, JE SUIS LA REINE !

Et pourtant, elle aurait dû se résoudre à la réalité : sa jeunesse s’en était allée et avec elle ses espoirs et  ses rêves.Quand le roi l’avait demandée en mariage, quelle fierté et  quel honneur  elle avait alors ressenti ! Comme lui, de sang royal, elle avait vu dans cette alliance, le début d’une vie belle et glorieuse. Et  cette couronne ne serait là que pour magnifier encore davantage son allure altière et sa beauté.

Mais la désillusion fut rapide et fatale. Oui, il l’avait épousée pour sa noblesse mais non, l’amour et même l’attachement n’étaient pas au rendez-vous ! Il  fallait au roi une mère de substitution pour sa fille qui venait de perdre la  sienne, à la naissance.

Elle n’avait vraiment pas porté attention à ce lardon braillard. Il y avait les nourrices pour cela. Elle serait la nouvelle reine car sa beauté était resplendissante : elle était jeune, belle et somptueuse dans ses habits d’apparat.

Mais alors, que s’était-il passé ? Comment son dédain, puis son mépris s’étaient-ils transformés en haine au point de vouloir que cette enfant disparaisse, de sa vue, de sa vie à jamais. Il est vrai qu’elle n’avait pas voulu elle-même enfanter pour ne pas flétrir sa beauté par une grossesse qui pouvait aussi la mener à la mort. Elle ne serait pas la suivante. Elle était reine et comptait le rester.

Mais les années avaient  passé et le regard du roi ne se posait plus que sur sa jolie petite fille à la peau blanche comme la porcelaine sublimée par sa couronne de cheveux, couleur ébène : cette jolie petite fille qui ressemblait tant à sa maman : Blanche-neige.

Etre sans cesse comparée à cette enfant…La colère de la reine  s’était alors transformée en rage, puis en folie meurtrière au point que ses potions de beauté n’étaient devenues que d’infâmes mixtures jusqu’au jour où croyant encore avaler un élixir de beauté, elle se transforma en oiseau de proie ! Elle n’était plus que colère, haine et ses vêtements royaux   prirent la couleur noire du désespoir,  comme cet oiseau du malheur.

Et ce miroir qui mentait et ce grimoire qui ne trouvait pas la formule pour remonter le temps.
Décidément, elle devait réagir, chasser  de son regard cette fillette avant qu’elle ne devienne une femme, avant que définitivement le roi ne l’écarte, elle, la reine !

Si Blanche-Neige disparaissait, alors, elle serait là, elle serait avec lui pour le consoler comme toute épouse sait le faire. Il n’aurait pas le choix : elle occuperait tout son espace, et elle sait qu’elle redeviendrait la Reine !

Dans sa tête, cette vérité tournait en boucle, elle pensait en devenir folle. Il fallait agir au plus vite. Elle hurla si fort que les murs du donjon  dont elle avait fait son refuge en vibrèrent : le ciel s’obscurcit et une volée de corbeaux s’échappa des meurtrières.

Des pas rapides et lourds résonnèrent dans l’escalier. Les gonds de la porte grincèrent dans un râle angoissant.

Le chasseur mis genou à terre et baissa la tête : -« Ma Reine, vous m’avez fait appeler ? »

 

S’il est une émotion qui m’habite et me fait réagir, c’est la révolte contre l’injustice.

Souvent je me suis dit que j’avais du subir de graves injustices dans une autre vie, car c’est une émotion qui a motivé beaucoup de décisions dans ma vie. Comme celle de devenir juge pour enfants pour défendre les enfants conte les injustices qu’ils subissent malheureusement de tous ordres. Finalement, après une année de droit, j’ai pris des chemins de traverse pour connaître la  vraie vie, me connaître en sortant des chemins balisés de l’enseignement en tant qu’élève pour pouvoir devenir maîtresse d’école.

Choisir de prévenir plutôt que guérir.

C’est aussi cette émotion qui m’a conduite à m’engager dans le monde associatif pour défendre ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes ! Souvent les avocats avec lesquels j’ai travaillé m’ont dit que j’aurai dû être avocate.Sans doute, mais j’ai souvent suivi mon instinct et il m’a toujours conduit vers la prévention ou l’accompagnement plutôt que vers la réparation que l’on peut attendre longtemps et qui n’arrive souvent pas.

Trouver un sujet…J’aurai dû sauter ce chapitre, mais j’essaie toujours d’être respectueuse des décisions que je prends, alors j’ai écouté Eric-Emmanuel SCMITT et je me suis mise devant mon clavier pour l’exercice.

Trouver le sujet. En fait, c’est lui qui m’a trouvé et conduit dans cette Master class. C’est parce qu’il est devenu obsessionnel que je continue.

Les évènements de ces derniers mois me mettent dans l’obligation de traiter ce sujet, mais sous une forme romancée pour qu’il soit plus lisible qu’un traité juridique.

Je l’ai commencé tel un scénario de série télé. Mais il s’étoffe et pour qu’il ne s’étouffe pas, je me dois de tout faire, peut-être cette Master class pourra m’y aider. C’est le pari que je dois relever.

Cette émotion, cette révolte je l’ai  ressentie très tôt, c’est elle qui m’a conduite à choisir le métier pour lequel j’étais faite. C’est elle aussi qui m’a m’engagé, entre autres,  dans une association pour la défense des familles recomposées  qui subissent une injustice.

Mon imagination est fertile et je l’ai tellement et joyeusement utilisée avec les enfants. Mais là, elle ne m’est de peu d’utilité tant les situations que je vais raconter sont inimaginables…et pourtant bien réelles.

La raison de ce livre, roman, nouvelle ou autre forme, est de raconter une histoire réelle, arrivée à des milliers de familles.

Re-contextualiser : arbre, racines, ramures. C’est sûr que ça me parle…Je tourne la tête vers la première production de mon livre : sur une grande affiche à côté de mon bureau, j’ai dessiné l’arbre généalogique qui est la colonne vertébrale de mon histoire.   Je m’y remets…

Pour ne pas perdre mes textes sur ce blog, je les mets sur le mien, car c’est impressionnant le foisonnement de textes. Je poste quelques « j’aime » au hasard  des lectures mais je ne vois pas comment je pourrais aider les autres et les autres m’aider. Pour l’instant….

 

Exercice : Passez d’écrivant à écrivain en utilisant  une recette de cuisine.

Moi, la lyonnaise, à la croisée des cuisines italienne et alsacienne de mes grands-mères, avec quelle recette vais-je pouvoir mettre l’eau à la bouche, au corps et au cœur ?

Trop de parfums, de mains enfarinées et de parts de tarte trop vite englouties. Les images défilent trop vite ! J’appuie sur, je ne sais quel bouton, pour faire arrêt sur image !

Le gâteau du dimanche, les boulettes de mamie, les kneffs que seul mon père confectionnait à merveille, tel un dentellier avec   l’expression qui l’accompagnait à chaque fois  « on en mangerait sur la tête d’un galeux! »

Opposé un tel délice et un galeux , un vrai contraste pour sublimer ce mets parfait !

Ne comptez pas sur moi pour vous décrire la recette, seule ma fille a « fait le stage » et parvient à presque les réussir. Papa est parti avec la recette de sa maman ! On s’y réessaiera avec le souvenir de nos papilles et de ces moments de partage : regards complices, « toujours aussi bonnes », et regards croisés sur le plat qui se vide  et nous oblige à savourer d’autant plus les dernières bouchées.

Pâtes italiennes, pâtes alsaciennes : ce n’était pas un débat, ni un combat : juste des moments à savourer en famille. Je n’ai connu que ma grand-mère italienne, ma grand-mère alsacienne ayant tiré sa révérence, l’année de ma naissance. Elle a laissé  son livre de recettes, en alsacien, et son savoir-faire à son fils. Merci papa !

Quand on arrivait le dimanche chez ma grand-mère Rosa, mémé Rose,  l’odeur de la sauce tomate envahissait nos narines et faisait aussitôt gargouiller notre estomac : sauce tomate, des mots tellement minuscules pour une sauce épaisse dans laquelle mijotait des boulettes et des morceaux de viande depuis quelques heures déjà. Maman soulevait doucement le couvercle de la marmite en fonte et tel le génie de la lampe, un petit nuage de vapeur s’échappait et terminait de nous aiguiser les papilles.

On attendait la suite : Le spectacle pouvait commencer : mémé Rose avait étalé la pâte sur toute la surface de la table et telle une magicienne avait pris un manche à balai : oui j’ai dit, telle une magicienne et non une sorcière : marmite, balai !

Mais alors, une gentille sorcière magicienne : comment avait-elle pu étaler cette pâte sur une telle surface : fine régulière. Avec des gestes de pizzaiolo, elle farinait, étalait encore. On n’a jamais vu le début avec la boule de pâte, on arrivait trop tard dans la matinée. Mais maman a tellement vu sa maman le faire, c’est sûr, elle avait la main et la technique.

Je pense chaque fois à mémé Rose, quand j’ai un mal fou à étaler une petite pâte…

Son secret était simple : elle faisait cela depuis l’âge de 9 ans, placé chez un fermier, dans la campagne romaine,  à qui elle devait faire deux kilos de pâtes par jour…Je suis sûre qu’elle pouvait le faire les yeux fermés.

Avec le grand couteau qu’elle  venait de saisir…peut-être pas ! Une fois le manche à balai posé en haut de la table.(sans la brosse évidemment et dont c’tait le seul usage) elle enroulait la pâte, prestement enlevait le manche et avec une vitesse et une dextérité inouïe, comme un grand chef découpe un oignon, elle faisait apparaître, au fil de la découpe, des spaghettis…encore et encore avec une régularité qu’une machine aurait pu lui envier !

Par poignée, elle les jetait dans une immense marmite dont l’eau bouillonnante n’attendait que ça, après avoir embrumer de vapeur  la fenêtre. D’un revers de main, on balayait les vitres avant d’aller déguster ce repas de roi. Les assiettes creuses s’alignaient sur la table redevenue disponible : on allait se régaler !

C’était le dimanche chez mémé Rose.

Manger des pâtes c’était des kneffs de papa ou les pâtes de mémé Rose. Ouvrir un paquet de pâtes, c’était vraiment le pis-aller  et pourtant c’est tellement pratique et le plat préféré de la plupart des enfants. J’en ai ouvert des paquets comme toutes les mamans et encore plus quand on a des origines italiennes, redoublées par celle de mon mari…

Le paquet ouvert, parfois, le souvenir de ces plats délicieux viennent réveiller les papilles et on améliore l’ordinaire avec ces souvenirs extraordinaires.  Tiens, je vais faire des pâtes….

Avoir de l’empathie, considérer l’autre comme un autre soi, se glisser dans sa tête pour le comprendre de l’intérieur.Pour quoi faire ? Améliorer les relations que l’on a avec cette personne ? Pour pouvoir mieux se comprendre, échanger, trouver un terrain d’entente.

L’autre, les autres : c’est un défilé ininterrompu de personnes auxquelles je pense.
Il faut choisir. Une au hasard, je l’observe, j’imagine sa vie, ses habitudes, ses goûts ou simplement ses occupations, ce qui remplit sa  vie ou pas.

Imaginé, en fait non, je n’ai jamais imaginé, trop curieuse du monde et des gens. Au contraire, c’est tellement passionnant de suivre une personne, surtout improbable, c’est à dire loin de soi, que l’on n’aurait pas rencontrée dans ses cercles habituels.

Je pense à cette dame, marseillaise, avec laquelle j’ai été placée au bout de cette chaîne de yaourts. Travail à la chaîne. J’ai 16 ans, je suis lycéenne et c’est mon job d’été, comme on dit maintenant. Une chaleur étouffante en ce mois de juillet et on travaille dans un frigo ; normal pour les yaourts, beaucoup moins pour les ouvrières.

Elle est tellement joyeuse avec son accent qui fait rentrer le soleil avec ses anecdotes et ses traits d’humour. Souvent je m’écroule de rire et les yaourts se mettent à filer à toute vitesse. Pas le temps de les attraper : c’est la débandade. Quelqu’un frappe sur le bouton d’urgence pour  arrêter la machine infernale ! Je ris  toujours en ramassant les paquets bleus des 8 yaourts qui viennent d’être enveloppés par un carton souvent capricieux.

Les ouvrières du début de chaîne me lancent un regard désapprobateur pendant que l’ouvrier qui met en palette en profite pour se frotter les reins endoloris par le poids et le mouvement répétitif de ce travail imbécile. C’est une équipe imposée. Il paraît que c’est une des chaînes les plus difficiles. D’ailleurs on est dans une salle à part.

Surgit alors une surveillante, raide comme la justice qu’elle croit représenter. A son tour elle se précipite sur le bouton d’urgence, vérifie la cadence, tourne le bouton pour l’accélérer, vocifère avec dans le regard toutes les menaces retenues, surtout dirigé vers moi, l’étudiante sur laquelle elle n’a  pas assez de prise, puis tourne les talons et disparaît entre les lourds rideaux de caoutchouc transparent. Son ombre s’éloigne tel un fantôme et  laisse planer une désagréable sensation.

Tout le monde est resté en apnée, elle n’a mis aucune de ses menaces à exécution, on s’en sort bien. Le travail reprend. Plus le temps de parler, les yaourts défilent à une allure folle, tous les gestes s’accélèrent : on suit la machine, on est des machines.

Alors je fais quelque chose d’inouï, de fou, d’impossible.

Avant que les paquets de yaourts n’aient envahi le réceptacle ultime de la chaine, je me précipite sur le bouton et je ramène la cadence à la vitesse précédente.

Vite, je reviens à ma place et je me mets en super accéléré pour rattraper cet aller-retour périlleux. C’est bon, ce n’est pas un rythme de croisière mais on peut un peu respirer et continuer à parler. Enfin échanger quelques mots : un peu d’humour ensoleillé, de ce soleil de Marseille qu’elle a emmené avec  elle et qui fait tellement de bien. Son regard se plisse et il est rempli de gratitude : un court moment de bonheur partagé !

Pour moi, ce n’est rien, je ne risque rien, si ce n’est d’être mis sur une machine plus difficile, ce que fera d’ailleurs la surveillante : mais je m’en fous , je ne fais que passer ! Pas la peine de me dire qu’il faut travailler pour avoir des diplômes et ne pas finir, par exemple, dans cette usine. Je suis fille d’ouvrier et je le sais, mais là, je le vis ! Quand on étudiera le « taylorisme » en classe de philo,  mes doigts endoloris et gelés se rappelleront à moi : vivre un concept dans son corps c’est autre chose.

J’ai 16 ans, elle en a sans doute 45 et en paraît bien davantage. Par bribes, elle me raconte sa vie. Le décès de son mari, ses deux ainés qui eux aussi doivent travailler à l’usine pour que son plus jeune, lui, puisse s’en sortir et faire des études. Elle est là, « condamnée » à ce travail difficile et abrutissant, avec ses deux enfants qui essaieront sans doute d’en sortir. Mais c’est surtout pour le « petit » qu’elle garde espoir.

C’est une simple ouvrière mais pour moi elle devient quelqu’un de très important. Une leçon de vie : j’irai la voir dans son modeste deux pièces, puis je reprendrai le cours de ma vie, mais elle restera toujours dans ma mémoire : elle fait partie de mon panthéon personnel et m’accompagnera toute ma vie, rejointe au fil des mes rencontres par d’autres belles personnes.

J’aime observer les gens et me demander qui ils sont vraiment. Je dis vraiment car j’ai toujours essayé de rencontrer ceux qui sont discrets, qu’on ne remarque  pas et qui sont peut-être ou sans doute beaucoup plus intéressants qui ceux qui sont dans la lumière. C’est toujours ce que je me suis tenue de faire dans mon métier de maîtresse d’école. Celui qui ne dit rien, que l’on pourrait oublier parce qu’il travaille bien, ne se fait pas remarquer, celui-là, je me dois d’aller à sa rencontre parce qu’il a autant droit à mon attention que tous les autres.

J’ai redoublé de vigilance à un moment précis : avec un CP de 25 élèves, chaque enfant est toujours suivi avec attention mais quand je me suis retrouvée avec 34 élèves de 4 ans, suite à un mouvement administratif, ce fut plus difficile. C’est de la folie : 34 élèves, mais qui a décidé d’un tel nombre ?  J’étais jeune maman, j’avais de l’énergie et je me suis donnée à fond pour tous ces élèves et malgré ça, je me suis rendue compte que je ne m’étais pas assez occupée de l’un deux.

Lui aussi est resté dans ma mémoire et m’a servi de leçon de vigilance. Sans doute a-t-il très bien vécu son année et il semblait heureux.Il avait le même prénom qu’un autre enfant, insupportable, qui captait sans arrêt mon attention et lui, je l’ai à peine vu : il n’a pas profité de moi et je ne l’ai pas assez connu.

L’empathie, c’est l’essence même de ce que doit être toute personne responsable d’autres personnes : le contact humain, la connaissance de l’autre, l’échange pour mieux se connaître et avancer ensemble. Beau programme !

Je n’ai pas répondu au premier exercice en prenant quelqu’un d’inconnu, à une terrasse de café ! Je suis trop dans le réel, et la réalité dépasse souvent la fiction!

Pour le deuxième, c’est un exercice que je me dois de faire car un de mes personnages est pour moi incompréhensible car à l’opposé de ce que je suis. Enfin, ce sont ses actes qui le sont. J’ai souvent essayé de me mettre à sa place, mais je n’y suis jamais arrivée, malgré ma devise : je ne cherche pas des excuses mais des explications ! Quand j’ai essayé de me mettre dans sa tête, j’ai non pas réveillé ma partie sombre, mais créer des distorsions que j’ai fuies aussitôt et avec raison.

Donc…à voir si je fais ou pas cet exercice ?  Je doute de son utilité pour l’instant !

Voilà, c’est parti, je viens d’assister aux deux premières vidéos d’Eric-Emmanuel Schmitt et j’arrive au premier exercice demandé :”D’où vient votre désir d’écrire ?”

Alors, oui, d’où vient mon désir d’écrire?

Je n’ai pas écrit  de nouvelle ou de roman à 10 ans, ni même à 20 ou 50… j’ai cependant beaucoup écrit ayant  fait des études littéraires, mais c’était, comme celui-ci des exercices demandés, plutôt imposés. Et puis avec mon bac littéraire en poche, mon seul souhait était de ne plus lire de livre, tellement il a fallu en engloutir pendant les années d’études. Ou alors si,  quelques romans pour m’évader, genre romans de gare, tellement faciles à lire et totalement dépaysant.

Ecrire, si, j’écrivais, on écrivait (je parle de ma génération, j’ai 65 ans) des lettres. D’ailleurs, au moment où on a plus de temps (merci la retraite) on ouvre les cartons. Je suis tellement surprise de voir que nos lettres étaient  bien écrites : résultat sans doute d’heures à plancher sur nos rédactions et autres dissertations. C’est très émouvant ! On s’écrivait, parce qu’il n’y avait pas le téléphone.( Non, mais l’électricité si…Je réponds mentalement à mes enfants et mes  élèves devant leur regard dubitatif !)

Quand ai-je commencé à écrire ? car il est vrai que j’écris tout le temps :aussi bien à la main qu’avec un clavier, compétence acquise dans mes années de secrétariat, compétence que j’ai conservée pour toutes mes activités professionnelles et associatives. C’est devenu un réel plaisir quand je me suis rendue compte que ma pensée était régulée par la vitesse de mes doigts …ou inversement.

Pourquoi j’écris ? Je dirai plutôt pour qui ? Et la réponse est multiple: d’abord pour moi ! Mon année de philo a été déterminante avec une prof formidable, qui m’a fait gagné des années de réflexions. C’était déjà tellement évident en l’écoutant ;  j’ai gardé tous ses cours et de temps en temps je m’y replonge en les repassant par le clavier de mon ordinateur. Pour elle un bon 12 était gratifiant. Alors quand j’ai obtenu un 17 pour ma première production : quelle reconnaissance ! Sujet «  écrire un dialogue pour présenter Socrate » Oui en fait, c’est mon premier écrit et mon “Goncourt” ce fut elle. C’était une masterclass avant la lettre ! « Connais-toi toi –même » : le programme d’une vie !

Depuis, j’écris pour moi, pour affiner ma pensée et surtout pour garder des traces du temps qui passent si vite….J’ai des carnets, cahiers d’écolier bien sûr, et divers dossiers ouverts au gré de mes projets de vie, de toutes mes aventures de vie. Depuis quelques années, modernisme oblige, j’ai un blog  et quelques sites..

Mais évidemment j’écris aussi pour les autres : pour former  mais aussi pour informer : les responsabilités associatives obligent à cet exercice permanent et exigeant.

L’écrit c’est capturer l’oral et  l’oral, c’est formidable!   C’est, bien sûr,  le “fond de commerce” de l’enseignant, mais c’est surtout  un vrai plaisir. J’aime  raconter, transmettre.…J’aime  raconter des histoires, la mienne et celle de ma famille riche de personnages et d’évènements étonnants. Ma grand-mère alsacienne disait qu’elle ne lisait pas de romans, car sa vie était un roman.(autre projet)

J’adore raconter et je me suis toujours régaler en face d’un auditoire merveilleux, surtout quand j’avais les CP. On sait tout de suite l’impact que le récit a sur l’auditoire et c’est un pur bonheur car on adapte, on surfe sur la vague de leurs émotions : j’en ai le sourire aux lèvres et le cœur en apesanteur  en y repensant.

Voilà, j’écris et c’est un plaisir personnel. Je ne dis pas solitaire, car je partage beaucoup, comme cette lettre que je viens d’écrire au Président de la République en tant que Présidente de mon association. Président, présidente :quel titre pompeux pour l’un comme pour l’autre “à quelques différences près” bien sûr ! (petit  indice sur mon projet)

Ecrire pour être connue, surement pas ! Quel  plaisir que l’anonymat : pour vivre heureux…Un ami que j’ai invité dans « mon livre » pour l’illustrer m’a demandé si j’étais prête à « affronter » les contraintes de l’exposition médiatique ! Il est auteur de BD depuis 18 ans et éditeur !

Quand j’ai pu, j’ai toujours évité les médias, notamment en tant que responsable associative, et avec raison.

«  Tu vas être riche ! » a été la première réflexion d’un élève quand j’ai dit à la classe que j’allais écrire un livre. Mais bien sûr!!! Oui, je suis à la retraite mais je vais toujours me plonger dans la classe de mon amie Isabelle qui m’invite pour notamment des ateliers d’écriture.

Mais alors d’où me vient ce désir d’écrire ?

Ce n’est pas un désir, c’est un plaisir mais surtout une nécessité de capter le temps qui passe, de témoigner, de transmettre.  Aujourd’hui, le temps a passé, mais le temps file vite, le temps est compté et pourtant j’ai la chance de  pouvoir l’utiliser à ma guise. Mais il ne faut pas le perdre. Quel temps me reste-t-il? Il est grand temps de mettre par écrit… Pour le premier de mes livres, ce sera comme un exercice préparatoire puisque c’est une nécessité ! Il est avant tout pour les autres, pour témoigner, informer. je dois le faire!  J’en ai parlé à tout le monde autour de moi, tous ceux notamment qui attendent ce livre!

Me voilà au pied du mur, il me fallait un maître d’écriture pour mettre tous mes puzzles d’écriture en forme : apparaît Eric-Emmanuel SCHMITT sur mon ordi ! Est-ce lui ? Je l’espère!

Toute ma vie, j’ai toujours suivi les signes, les indices que je rencontrais sur mon chemin et avec le recul, je ne peux que m’en féliciter. Alors je continue et je me lance dans cette nouvelle aventure avec l’envie et le …doute !

Etre enseignant, c’est avant tout, déjà pour montrer l’exemple, être sans arrêt en train d’apprendre. Il faut toujours alimenter la machine et plus on enseigne et plus on apprend. Etre en position d’élève est formateur tant sur la matière apprise que sur la manière de le faire.

Retourner à l’école, c’est se mettre en situation physique d’élève, dans une classe, un amphi et maintenant devant son ordi…

Déjà à 50 ans, j’étais redevenue étudiante en  obtenant,  grâce à mon inspecteur, une formation à la faculté des sciences de l’éducation . Expérience chargée d’enseignements et de conséquences finalement  positives mais en surmontant des difficultés surprenantes! (j’en ai déjà fait le récit sur ce blog et j’y reviendrai)

Cette fois, je viens de m’inscrire à une MASTER CLASS, animée par un écrivain reconnu mondialement : ERIC EMMANUEL SCHMITT.

Est-ce un hasard, que cet écrivain s’adresse à moi (enfin à tout ceux qui veulent écrire un livre) au moment où j’ai besoin d’un tuteur!

Le hasard…ou pas! On lance un projet et il se trouve que l’on rencontre quelqu’un qui va nous informer, nous donner une piste.On entend une émission de radio, on “tombe” sur un livre….

J’ai déjà vérifié ces phénomènes tout au long de mes aventures de vie…j’aime ce mot “aventures” qui résume la position dans laquelle on aborde une situation de la vie : expériences, rencontres, apprentissage, déception, enthousiasme, échec,  persévérance, réussite…toutes les étapes de l’aventure.

Evidemment, je m’inscris à cette nouvelle aventure. La Master Class ne commence qu’en septembre et je dois avancer dans mon projet. J’ai accès aux têtes des 20 chapitres : je les revisite en les nourrissant de ce que j’ai déjà mis en place, les personnages , les situations…

Je continue à écrire selon les conseils de Chris BATY ” Ecrivez un roman en 30 jours”. Je me dis que ce sont des pièces du puzzle et que cette master class m’aidera à les assembler. D’autant que je n’ai rien à inventer, j’aurai même trop de matière. Ce qui peut revenir au même. D’ailleurs je retrouve des pans entiers de textes et parfois je suis surprise de les avoir écrits. Il est vrai que j’avais parfois plus de rage ou de compréhension selon le moment où je me confrontais à cette même situation : ils correspondent à toutes les étapes traversées pour finalement aboutir à ce projet.

Une autre porte  va s’ouvrir et je sais que  ce livre est la clé qui va le permettre. En fait j’ai un autre livre à écrire et même plus d’un en attente. Ce projet  est primordial à deux titres : avant tout pour laisser un trace de l’association, donc avant tout pour les autres mais aussi pour m’obliger  à passer le pas de la matérialisation d’un livre .

Régulièrement, l’annonce de l’écrivain arrive sur le mur Facebook où je l’ai rencontré. Comme un mantra, il me rappelle mon projet au cas où je pourrais l’abandonner … déjà, j’ai payé, pas le prix fort mais 120 euros quand même et puis il y a d’autres signes qui me sont envoyés…

On lance des lignes et on prend des poissons….

à suivre : “la maîtresse retourne à l’école” (2)

Les familles dites”recomposées”sont souvent des familles décomposées.

Mais les membres de ces familles ne réagissent pas tous pareil : de la rancoeur à la compréhension, de la vengeance à la main tendue, en passant par l’indifférence et le statu quo, toutes les attitudes attisent ou tempèrent les relations compliquées de ces familles recomposées.

Selon que le curseur va plus vers le négatif et ce sont des secrets, des non-dits, des mensonges qui, plus le temps passe, deviennent impossibles à contrôler. Alors c’est le vide, la scission, la coupure de tous contacts : on ne se voit plus, on n’existe plus pour son père, pour ses enfants.

Mais il y a toujours de l’espoir et parfois le hasard rebat les cartes pour le meilleur et laisser le pire au passé.

Je vais raconter l’histoire d’une famille décomposée par le divorce mais plus encore par des problèmes d’argent créés par une condamnation à verser une prestation compensatoire sous forme de rente viagère.

Cette histoire est celle de milliers de familles piégées dans l’application d’une loi qui a fait exploser au cours des dernières décennies des bombes à retardement dans ces familles en détruisant  les rapports humains qui peuvent être  déjà fragiles dans des familles unies.

Evidemment, je ne citerai pas une famille  en particulier et surtout pas la nôtre, mais comme la raison, le déroulement et les conséquences sont les mêmes pour toutes ces familles, écrire une “fiction”, c’est raconter l’histoire de chacune de ces familles, déchirées et qui souhaitent apaisement et réconciliation .

Comment retrouver des liens, qui sont ceux du sang, de la transmission naturelle de génération en génération avant que les plus anciens ne disparaissent et laissent des non-dits et des  amertumes impossibles à réparer.

Chacun doit se construire sur les fondations laissées par ceux qui les ont précédés, parents, grand-parents…Lorsque l’éloignement est décidé parce que l’on ne s’apprécie pas, c’est la logique dans toutes les familles…on ne choisit pas sa famille!

Mais lorsque l’éloignement est provoqué par le dénigrement, la haine, le mensonge ou pire encore le silence…comment réparer?

Cette histoire aura un happy end, parce que certains ont eu l’intelligence de coeur  de ne pas transmettre la haine. Ils ont décidé , en  regardant leurs enfants , de leur léguer ce à quoi ils ont droit : le passé de toute leur famille, leurs racines sans quoi on risque d’être bancal toute sa vie.

Ils ne sont pas nombreux et j’espère que cette histoire  fera réfléchir les autres.

C’est mon indéfectible optimisme et ma foi dans les enfants qui ont enrichi mon parcours de maîtresse d’école qui m’encourage à cette production.

Je m’y attèle avec détermination pour laisser une trace de tout le travail accompli par les bénévoles de notre association, le CCN-ARPEC,  pour les familles qui ne peuvent pas ou plus s’exprimer mais aussi ….parce que c’est indispensable  pour toutes les familles, pour  notre famille.

Je m’y attèle parce que le combat n’est pas terminé et qu’il faut utiliser tous les moyens disponibles pour rester en lumière et faire entendre notre dernière requête.

Cette histoire emblématique sera l ‘illustration de la situation toujours actuelle de milliers de familles laissées sur le bord de la route par la Justice.

Pour ne pas alourdir le fil de l’histoire, il sera fait des reports dans une partie juridique qui différenciera les lois sur le divorce de 1975 et 2000 en précisant les causes de divorce et leurs conséquences.

Cette partie  juridique sera aussi un guide sur les différentes formes d’union : mariage, pacs, concubinage…. Je laisserai à notre avocate-conseil le soin de la rédiger.

La troisième partie montrera de nombreux cas de familles impactées par la loi de 1975 et toujours dans la détresse de voir leur situation régler.

Contrairement à ce que pense nos élus actuels que nous rencontrons pour faire adopter l’amendement enfin libérateur, il existe deux sortes de divorcés, ceux de la loi de 1975 qui nous préoccupent et ceux de la loi de 2000 : loi qui a été faite pour  éviter les injustices de la précédente.

Voilà, j’ai parlé de ce projet autour de moi pour commencer à le faire exister. En premier à ma famille et à mes amis qui m’encouragent comme toujours.

J’ai proposé, bien sûr, ce projet lors de notre dernière Assemblée Générale. Tous ceux présents ont approuvé car il n’est pas question pour chacun d’ente eux  de mettre leur  propre situation en lumière : les relations sont si fragiles qu’il est inutile  de mettre de l’huile sur le feu!

Pour ceux qui ont eu la patience de lire ce texte, vous comprendrez que j’ai l’habitude de rédiger; mes études littéraires, mon métier d’enseignante et mes implications dans les associations m’ont toujours conduite à écrire. J’ai aussi gardé de mon passé de secrétaire  la compétence de taper sur un clavier.

Mais écrire une histoire, c’est une autre….je me lance, on verra bien!

C’est toujours ce que j’ai fait dans ma vie avec ma devise “si les autres le font, pourquoi pas moi?”

Merci par avance pour vos encouragements.

Sur ce blog, je m’adresse à mon fidèle, et j’espère pas unique lecteur, dessinateur de BD qui évidemment se reconnaitra : quelques petites illustrations pourraient agrémenter mes écrits!!!! Merci par avance.