Résumés des 80 chapitres.
MAITRESSE D’ECOLE …mais pas que ! CHRONOLOGIE DES CHAPITRES
PROLOGUE : Pourquoi j’écris ce livre.
A plus de 70 ans, je suis heureuse de revenir sur mon parcours professionnel qui a été passionnant, même si ma fin de carrière s’est terminée par un bras de fer avec l’Education Nationale.
Suite à une erreur de leur part, alors que j’avais réussi à 48 ans le concours interne de professeur des écoles je me suis vue refuser mon droit de départ à la retraite à 55 ans.
Ce bras de fer qui a duré plusieurs années était tellement incroyable que mes nombreux soutiens, collègues, médecins, avocats et même le personnel de l’Académie m’ont conseillée d’écrire cette histoire. C’est grâce à eux tous que j’ai obtenu gain de cause et je me devais de les remercier.
Ecrire est aussi thérapeutique mais j’ai attendu plus de dix ans pour le faire, tellement, le carcan était oppressant.
Maintenant que je suis prête pourquoi commencer par la fin fut-elle si difficile, alors que j’ai adoré ce métier et toutes ces expériences passionnantes?
Je suis donc repartie de mes dix ans et j’ai raconté au fil des chapitres ce métier pour lequel j’étais faite alors que j’étais partie dans une autre voie.
Maîtresse d’école mais pas que !
Je me suis régalée à revisiter toutes ces années dans lesquelles j’ai pioché des situations souvent insolites, toujours formatrices grâce à des rencontres formidables. Même si c’est chronologique, la vision globale de toutes ces années m’a permis de naviguer entre les époques et développer, à chaque fois des thèmes inhérents à la profession, comme la formation ou l’organisation de la classe.
CHAPITRE 1 « Qu’est ce que tu veux faire quand tu seras grande ? »
Choisir un métier pour ressembler à maman : elle exerçait le plus beau, maman, et avait laissé celui de comptable dans la confection.
Choisir de devenir maîtresse : celles de primaire m’avaient « marquée ». En CP pour deux raisons opposées, la première m’apprit à lire et la seconde me classa dans les premières et elle n’y était pas pour grand chose. Quant à celle de CM2, elle sera le contre exemple en raison du harcèlement qu’elle m’a fait subir ! Et pourtant, chaque souvenir restera gravé, pour le meilleur et pour le pire !
C’est le pire, à ce moment-là, qui bloquera toute envie de faire ce métier !
CHAPITRE 2 Marianne de ma jeunesse ! Les années lycée.
La rencontre avec Marianne sera décisive : nous resterons ensemble de la sixième à la terminale et le fait de partager son quotidien n’est sans doute pas innocent dans le désir de faire ce métier. Elle vivait dans une école, dont sa mère était directrice et pour elle pas de doute, elle suivrait son chemin. Ce qu’elle fit !
CHAPITRE 3 L’école Normale et comment ne pas y aller !
Par deux fois, en troisième puis en terminale, j’ai passé le concours pour rentrer à l’Ecole Normale, ainsi que Marianne. Et aucune des deux n’a été reçue ! Et pour cause !
Et pourtant, réussir le concours c’était être formée en deux ans tout en étant payée. En retour, il fallait s’engager à travailler dix ans. Si on rompait le contrat, il fallait rembourser les deux années ! Sans parler du fait que l’établissement ressemblait à une prison, ce « chantage » m’a fait fuir et j’ai trouvé le moyen d’y échapper, ce que je n’ai avoué que des années plus tard à mes parents.
CHAPITRE 4 L’école de la vie : les petits boulots
Comme lycéenne puis étudiante, j’ai enchainé les petits boulots.
Mal payée et souvent pas déclarée, à part dans les administrations, je fais partie de cette génération qui a pu être embauchée dès 14 ans, souvent dans les magasins du village.
J’ai même toqué à la porte du directeur de l’hôpital voisin qui m’a reçue aimablement. Une autre époque !
Je testais le début de l’intérim qui ponctionnait au passage quelques francs sur mon maigre salaire de travailleuse à la chaine dans une usine de yaourts.
Toutes ces expériences ont été formatrices et m’ont permis de connaître le monde du travail, son côté ingrat mais aussi la solidarité entre les travailleurs.
CHAPITRE 5 Alors quel métier choisir ? Prof de sport, juge ou secrétaire ?
J’étais faite pour ça ? Ma prof de sport fit tout pour me convaincre mais le défi me paraissait bien élevé avec un concours au CREPS qui forme des champions olympiques, tout ça pour encadrer des ados poussifs. C’était le seul moyen de me dégoûter du sport surtout que je n’ai aucun esprit de compétition si ce n’est par rapport à moi-même.
Devenir juge pour enfants c’était les protéger des abus des adultes. Pour l’heure, je faisais référence à cette instit de CM2 qui était méchante, aigrie et qui s’en prenait à tous les élèves de la classe. Avec l’autre Marie-Noëlle, nous fûmes ces cibles « privilégiées ». Que de fois, nous avons fomenté notre vengeance contre elle pendant les récréations.
Je m’inscrivis en fac de droit et pour gagner quelques sous, la meilleure amie de maman me recommanda à son gendre dans une des meilleures chocolateries de Lyon.
Une belle année, mais qui tourna court et je pris un plan B : le secrétariat !
Comme ma meilleure amie qui travaillait dans une agence de pub, je devins secrétaire et en ce début des années 70, nous avons profité de cette époque formidable, surtout que nous en avions conscience !
CHAPITRE 6 Ce sera secrétaire !
Avec un bac philo, j’avais une très bonne formation, mais il me parut essentiel d’avoir un savoir faire manuel et je pris des cours du soir en dactylographie.
C’est ma bonne volonté qui m’a permis à chaque fois d’obtenir un poste de secrétaire, mais le premier fut décisif grâce à un ingénieur qui m’a mis le pied à l’étrier.
Je n’ai pas eu plus de formation initiale comme secrétaire que comme instit, mais pour ce premier emploi, l’entreprise a tout mis en œuvre pour me former car bien sûr, c’est son propre intérêt. De ce fait, j’ai obtenu un certificat de travail indiquant ma qualité de secrétaire. Toutes les connaissances acquises et la reconnaissance de mes compétences seront des murs porteurs qui me permettront de construire ma carrière d’instit et aussi tous les projets que je mettrais en route.
CHAPITRE 7 Quand le destin frappe à la porte
Après le Bureau d’Etudes, je remis mon annonce et je découvris différents univers : je fus secrétaire médicale pour un médecin « particulier » : une expérience dont je ferai le récit sans doute sous forme de polar tellement ce fut scabreux. Je n’y restais que deux mois heureusement. Puis commerciale dans la vente de cuisine : je ferai un passage éclair, la promotion canapé n’étant pas un moyen convenable pour avoir de l’avancement.
Finalement, alors que j’avais déjà été retenue mais pas convaincue, je revins vers le garage et ce fut une bonne expérience.
Ce n’était pas n’importe quel garage, car la Concession MERCEDES avait pignon sur l’avenue Foch, au cœur du 6ème arrondissement. Je fus impressionnée par sa modernité : un immense hall d’exposition avec les derniers modèles et au-dessus des bureaux, trois étages de parking. Tout était parfait : mon travail, mon salaire, la reconnaissance et même une promotion rapide. Mais à peine quelques mois plus tard, je dus faire un choix et traverser l’avenue. On n’appelait pas cela le « job dating » mais c’était la même chose, à une énorme différence près !
CHAPITRE 8 Changement de vie ! Premier remplacement !
Comme dans le film « Le maître d’école « de Claude Berri, je fus comme Coluche, envoyé dans une classe du jour au lendemain. C’était dans les mêmes années, fin des années 70.
La grande différence est que si la fiction est amusante, le monde réel est cynique et inhumain ! Et pourtant, moi aussi, j’ai « joué » à l’instit parce que très vite je sus que j’étais à ma place. Je découvris un monde archaïque ; j’étais passée de l’autre côté du « miroir » et le décor me parut décevant, ainsi que les acteurs !
Mais j’allais mettre les bouchées doubles pour découvrir le meilleur, car il devait bien être quelque part. Et puis, je n’avais pas de fil à la patte et si l’aventure tournait court, je pourrais toujours revenir au plan A !
Le deuxième remplacement, malgré les conditions matérielles compliquées, sera décisif car il sera sur la durée et les petits CP me donneront les conditions pour me sentir de plus en plus à l’aise.
Cependant, je serai aussi confrontée à la hiérarchie et là, ma formation dans le privé sera un bon bouclier !
CHAPITRE 9 Confrontation de deux mondes !
L’Univers sait nous jouer quelques tours et j’allais, en parallèle, passer de l’un à l’autre, de celui de l’école à celui de l’entreprise mais en tant qu’enseignante. Et pas n’importe quelle entreprise : La Chambre de Commerce de Lyon et sur le site qu’elle gère : l’Aéroport Saint Exupéry (anciennement Satolas). J’adore toujours raconter cette histoire parce qu’elle montre à quel point, l’école est totalement déconnectée du réel !
CHAPITRE 10/a La canicule de 1976
Après des remplacements en campagne, me voilà pour la fin d’année scolaire, dans le vieux Lyon. Après la fraicheur, la canicule !!
Quelle ne fut pas ma surprise de constater que le statut de remplaçante était plus apprécié que celui de normalien et pas par n’importe qui ! Ma SUPER directrice ! Je ferai sa connaissance ce jour-là et elle restera un modèle et même une amie. Je reviendrai, par un heureux hasard (merci encore l’Univers) dans cette école deux ans plus tard pour passer mon CAP. Quel beau jour ce fut aussi lorsque j’accueillis ma maman dans l’école de son enfance.
CHAPITRE 10/b Formation ! Quelle formation ?
Sans formation initiale, il faut apprendre sur le terrain (tas est tellement péjoratif). Mais quand sur le terrain, ce sont des enfants dont on a la responsabilité, le défi est immense !
Tout d’abord, ne pas les lâcher d’un œil puisque le premier objectif est de les rendre comme on nous les a confiés. Je n’étais pas maman à ce moment-là mais c’est inutile pour avoir cette conviction première.
Et puis les instruire, se former en même temps et apprendre la gestion de la classe tout en surveillant la progression de chacun et … la liste est tellement longue que j’ai appelé ce métier, le métier impossible, puisqu’il n’y a aucune fiche définissant le poste. Donc qu’il soit possible de faire toutes ces tâches en 48 heures pour une journée de 24 heures n’apparaitra sur aucun graphique !! A part quelques formations, souvent « décalées » et quelques visites de conseillers ou d’inspecteurs, c’est un tour de force de tous les enseignants que de réussir à mener à bien leur mission. Mission qu’il s’impose à eux-mêmes au détriment souvent de leur vie personnelle, quand ce n’est pas au péril de leur vie. Après des suicides, ce sont des assassinats ! Qui en a conscience ? L’Administration ?
CHAPITRE 11 On ne fait pas tous le même métier !
Quelque soit le métier, il y a les bons et les mauvais et entre, toutes les nuances de gris ! Chacun saura faire la différence entre un bon boulanger et un moins bon : le client est roi et on change de magasin.
Mais que faire quand c’est le maître d’école qui n’est pas à la hauteur ?
Evidemment, ce sujet me touche personnellement pour avoir subi le harcèlement quand j’étais élève de CM2.
Est- ce parce que je l’ai vécu en tant qu’élève, que je suis plus sensible ? Peut-être ! Cette fois, j’étais en responsabilité et quand je me suis trouvée confrontée à des mauvais maîtres, j’ai fait tout ce qui était en mon faible pouvoir. Heureusement, il y a d’autres enseignants qui sont des modèles.
Cette année-là, aucune nuance puisque j’allais côtoyé deux enseignants, deux directeurs, à l’opposé l’un de l’autre tant au niveau pédagogique qu’au niveau humain.
Les deux expériences sont formatrices, chacune à leur façon et il faut savoir en retirer les meilleurs enseignements.
CHAPITRE 12 Je passe le CAP
Une fois de plus, les planètes se sont alignées pour me mettre dans les meilleures conditions.
J’avais obtenu la partie théorique en engloutissant des livres indigestes que je mettrais à la poubelle, une fois cette épreuve passée. Heureusement, pour la partie pratique, je revenais dans l’école du Vieux Lyon. Je retrouvais ma chère directrice et l’inspecteur fut d’une grande humanité. Si l’Administration est une matrice rigide et souvent destructrice, heureusement, qu’il y a des responsables qui mettent de l’huile dans les rouages. Est-ce encore possible aujourd’hui ?
Tous ces enseignants resteront pour toujours dans mon cœur et au long de mon parcours dans ce métier impossible, ils seront des phares indispensables à ma navigation.
CHAPITRE 13 1978 : Une belle année !
Après avoir passé le BAFA en 1977 et enchainé avec une colonie de vacances dans les Hautes Alpes, je voulus enfin profiter des « fameux » deux mois de vacances d’été.
J’avais réussi le CAP et en ce beau mois d’aout, je rencontrai l’homme de ma vie !
CHAPITRE 14 Fonctionnaire, mais à ma façon.
Comme mon papa et pour sa plus grande fierté, j’étais fonctionnaire, mais avec la même particularité car être conducteur de train et responsable de centaines de voyageurs ou maîtresse d’école et responsable de dizaines d’élèves, c’était avoir les commandes même si elles étaient très encadrées. Une forme de liberté chèrement acquise.
Madame IRMA…non pas vraiment !
Institutrice Remplaçante des Maîtres d’Application : voilà ce que veut dire cet acronyme et je ne le saurais que bien plus tard puisque sur le moment, notre statut n’était pas le plus enviable. La formation ne nous était pas destinée mais mes deux collègues et moi avons su en tirer profit notamment, comme toujours grâce à des enseignants intelligents et à un directeur perspicace. Pour les autres, on préfère les oublier !!
CHAPITRE 15/a La formation initiale et la formation continue.
Le fait de ne pas avoir de formation initiale est-ce un handicap ou une chance ?
Si la formation initiale est bien faite, et prépare réellement au métier, bien sûr que oui.
Mais, ne pas en avoir, ne pas avoir le « papier » qui vous octroie le poste, c’est être obligé de décupler tout son potentiel et je l’ai souvent remarqué, sur moi-même ou autour de moi, ceux-ci deviennent souvent plus compétents que les diplômés !
Comme ils ne savent pas l’ampleur des étapes à franchir, souvent ils en franchissent bien davantage.
CHAPITRE 15/b La fac des sciences de l’éducation.
Je ne savais pas qu’elle existait, comme beaucoup de mes collègues qui ont été stupéfaits de voir que j’avais obtenu cette formation, et cela grâce à un super inspecteur. Quelle ne sera pas ma surprise de constater que cette formation ne s’adressait pas vraiment aux enseignants ; nous n’étions que quatre dans les amphis. Je compris comment les réformes toutes plus fumeuses les unes que les autres nous arrivaient. Elles avaient mijoté dans le cerveau de ces chers profs pour qui l’école primaire n’était qu’un lointain souvenir souvent déformé. Heureusement, il y aura de bonnes surprises notamment avec des enseignants canadiens.
CHAPITRE 16 La formation idéale…si on me demandait mon avis.
Depuis les années 1980, les enseignants ont donné de nombreuses pistes pour améliorer le fonctionnement de l’école, souvent ignorées et même contrecarrées par des « expériences » ponctuelles, initiées par des ministres de passage, mais sans budget et sans vision.
Après un petit rappel sur le recrutement et la formation des enseignants qui met directement dans les classes ceux qui n’ont pas réussi le concours, je reviens sur mes expériences qui m’ont montré « in vivo », les meilleures conditions pour apprendre et progresser. En voici ma version et quelques idées, notamment avec mon passage comme IRMA.
CHAPITRE 17 Intit…mais pas que ! Monitrice en France et à l’étranger.
Pour compléter mon maigre salaire, il m’a fallu prendre tous les compléments possibles, de surveillance de cantine, aux études du soir, mais aussi le centre aéré les mercredis et petites vacances et même un mois de colonie de vacances. Quand ma commune où j’avais été monitrice en centre aéré, me recontacta, ce fut pour un projet plus important : accompagner des ados dans la ville jumelle qui se trouvait en Allemagne de l’Est. Nous étions en 1979, dix ans avant la chute du Mur de Berlin. J’ai eu l’intuition de ne pas manquer une telle occasion de voir par moi-même comment la politique déterminait la vie de ses concitoyens. Je ne fus pas déçue et cette expérience sera tellement forte qu’elle restera toujours présente, en arrière plan, dans ma vision du monde et mes choix de vie.
CHAPITRE 18 L’Allemagne de l’Est en 1979
Ce n’est pas un chapitre (et il est copieux) mais un livre entier, si ce n’est plus que je pourrais consacrer à ce séjour qui ne dura qu’un mois mais qui fut tellement dense et riche d’enseignements.
S’informer, lire ou se documenter avec des émissions, des débats, mais en restant loin de la réalité ne peut donner les moyens et les arguments pour comprendre ce qui est en jeu dans la vie de citoyens qui nous ressemblent mais vivent une toute autre réalité !
Etre immergée avec eux, dans leur quotidien, vivre dans la même ambiance, avec les mêmes contraintes et ressentir les mêmes peurs, est la seule expérience qui peut vraiment faire comprendre les enjeux des choix politiques, faits au-dessus de nos têtes mais qui impactent profondément la vie de tous les jours.
Notamment, en « visitant » un camp de concentration, pourquoi nos amis allemands ressentent-ils de la culpabilité ? Comme nous, ils n’étaient pas nés ! La seule réponse est de partager ce qui nous rassemblent aujourd’hui et de laisser le passé aux historiens.
CHAPITRE 19 L’enseignement spécialisé 1979-1980
Sans plus de formation pour l’enseignement ordinaire, je fus nommée dans l’enseignement spécialisé, sans aucune formation non plus.
La question n’était pas d’avoir la formation, mais une voiture pour aller dans un internat à 70 kms de Lyon, sans le salaire non plus d’une enseignante spécialisée et sans non plus de frais de déplacement ! J’avais ma petite Dyane et heureusement, nous serons deux à partager cette année difficile. Mais on ne pouvait pas refuser une nomination et devant les frimousses de nos élèves, enfants malmenés par la vie et placés dans cet internat, nous mettrons tout en œuvre pour mener à bien notre mission.
J’ai toujours pris des photos au fil de ma carrière, mais apparemment, je n’en eus pas le temps. La seule est bien triste, en noir et blanc : je suis appuyée à la rambarde de la cour, en train de manger ma pomme. Elle illustre, à elle seule, cette année et pourtant, il y eu des moments lumineux et joyeux.
CHAPITRE 20 Cellule de nonne !
Ce n’est pas du Zola, mais l’hébergement était raccord avec l’ambiance de cet internat !
Comme chambres, celles qui nous furent attribuées étaient minuscules ; et oui, c’était un ancien monastère donc c’était bien des cellules de nonne ! Je remuerai ciel et terre et nous pourrons échapper à cet endroit sinistre.
Aurions-nous pu résister une année, si le maire d’un petit village ne nous avait accueillies dans un gîte, à Châles la Montagne : un endroit magnifique qui, sous la neige contrastait avec l’ambiance de l’école. Le matin, seule la trace des pneus de notre voiture rayait le manteau blanc de la route que l’on devinait entre les arbres. On traversait la campagne immaculée et on descendait tout doucement vers l’internat. Quel moment délicieux que nous savourions avant de retrouver les difficultés qui nous défiaient chaque jour.
CHAPITRE 21 Jour de grève en juin
Ce n’est pas parce que l’on ne défile pas en scandant nos revendications, que l’on n’en a pas !
Mais, il faut savoir s’adapter aux circonstances et ce sera une grève « du zèle » dont les enfants pour qui on se mobilise seront les premiers bénéficiaires. Dommage avec me recul de ne pas avoir pris des photos de cette journée mémorable. Elle restera dans nos cœurs et le sourire et la joie de nos élèves seront nos meilleurs remerciements.
Par contre la journée qui s’en suivit fut mémorable mais pour une autre raison !!
CHAPITRE 22/a Jeune mariée.
Le bénéfice de cette journée me donnera un teint halé qui fera ressortir la blancheur de ma tenue de mariée. Un abcès dentaire me donnera les jours de « congé » que l’administration me refusa puisqu’il nous est « conseillé » de mettre à profit nos vacances pour se marier !
Cette année se termina en apothéose avec la visite du maire de Villeurbanne , qui devint un illustre ministre. Il fut accueilli par un banquet, mais pour montrer notre désaccord, Christine et moi, déclinerons l’invitation !
CHAPITRE 22/b Le suivi médical de l’Education Nationale
Cette année difficile étant bouclée, je me suis dis que si j’avais eu un suivi médical, j’aurais pu refuser le poste, en raison de mon asthme. Curieusement, j’ai eu la première crise après quelques mois seulement de ma prise de poste d’instit ! Allergique à la craie ???
Sur le suivi plus général des enseignants : combien de visites médicales, de radios pulmonaires, de contrôle pour les yeux et mieux pour les cordes vocales qui sont l’outil précieux de ceux qui parlent toute la journée ? Très peu est un euphémisme ! En fait, il n’y a pas de suivi médical des enseignants, comme cela existe dans le privé avec une visite annuelle et une médecine du travail.
Et pour la santé psychologique ? Les enseignants sont isolés et règlent souvent leurs difficultés comme ils peuvent, ce qui peut mener à la dépression et quelquefois à une solution définitive.
CHAPITRE 23 12 remplacements en maternelle et primaire.
Après une erreur de formulaire, me voilà en ce début d’année scolaire 1980 nommée en maternelle ! Heureusement, je fus « secourue » par la personne la plus improbable qui soit pour revenir en primaire.
La directrice de mon école de repli saura me démontrer que je n’ai ni les compétences ni l’envie d’être maitresse de maternelle, mais c’était avec des tout-petits. Je me sentirai plus à l’aise dans la section des grands, d’autant que le quartier sera plus favorable.
Revenue en primaire grâce à l’intervention « divine », j’enchainerai les remplacements, parfois de quelques jours et il faudra toute mon imagination et des évènements fortuits pour me sortir de situations difficiles.
Pour le dernier remplacement de l’année scolaire de plusieurs semaines, je serai confrontée à la situation d’une enseignante qui ne pourra plus, en raison d’un drame personnel, continuer à mener sa classe. C’est une expérience forte qui résonnera particulièrement pour moi l’année suivante. Elle posera la question de ce que l’administration propose ou pas dans cette situation. Comment aider des enseignants qui ne peuvent plus enseigner ?
Vaulx-En-Velin 3 années fortes
Après une nomination dans un CM1, je dus, quinze jours plus tard, rejoindre une école dans le même quartier mais dans un CP, classe prioritaire ou comment l’administration déshabille Pierre pour habiller Paul !!
CHAPITRE 24 De retour au CP
Non seulement, je fus accueillie par une équipe chaleureuse, mais l’ambiance dans cette belle école, intelligemment conçue me donnera l’envie d’y rester et de m’y investir. L’un ne va pas sans l’autre et même dans un secteur, je dirais même surtout dans un secteur défavorisé, l’impact d’un lieu agréable influe sur le comportement de tous, enfants comme adultes.
J’attendais mon premier enfant et je me sentie entourée dans cet environnement chaleureux.
Mon inspection, quelques mois plus tard, couronna mon engagement.
CHAPITRE 25 L’inspection
En effet, je passais beaucoup de temps dans l’école et toute cette équipe surtout composée d’hommes, ce qui est assez rare, fourmillait de projets, ce qui d’un point de vue sociétal, est assez logique ; hommes et femmes n’avons pas la même charge mentale, comme on dit aujourd’hui. De mon côté, j’étais surtout enceinte et ma situation « comptera » aussi pour mon inspection qui se passa au mieux.
CHAPITRE 26 Un malheur et un bonheur
L’école primaire est une petite famille et on profite de nombreuses occasions pour se réunir autour d’un verre ou d’un repas. A Vaulx en Velin, nous aurons la chance de déguster de délicieux couscous cuisinés par nos dames de service.
Quand je perdis mon bébé au 8ème mois de grossesse, tous furent attentifs et chaleureux, chacun à leur manière.
L’année suivante, pour ma seconde grossesse, ils furent plus encore aux petits soins et la naissance de ma fille fut fêtée par toute l’école.
Quand toute l’équipe s’entend et plus encore quand chacun prend soin de l’autre, les difficultés rencontrées dans ces zones difficiles et les problèmes personnels se règlent en douceur et cela crée une ambiance de partage et d’échange salutaire pour tous ; les enfants en tirent alors de nombreux bénéfices.
CHAPITRE 27 GREVE ET MANIF
Je fis ma première manif dès mon arrivée en 1976, car les besoins étaient immenses, surtout dans la ceinture rouge des grandes villes. Ici, Lyon avec les zups de Vénissieux, Vaulx en Velin ou Rillieux. En 1981, de nombreux enseignants crurent que les problèmes seraient « réglés » avec l’arrivée de la gauche au pouvoir ! Ils allaient vite déchanter !
CHAPITRE 28 L’école : prison ou liberté ?
Les lois de 1880 ont institué l’école laïque, gratuite et obligatoire. Pourquoi, comment et surtout par qui ?
En 2000, j’irai à la fac « Sciences de l’éducation » et le cours sur l’histoire de l’école me donnera quelques réponses cohérentes avec la réalité que je découvrais.
CHAPITRE 29 La maîtresse que je ne voulais pas être.
Surgit du passé, celle qui m’avait harcelée enfant, se retrouve devant moi la maîtresse d’école, ce dont elle me pensait incapable !
Quand le passé nous rattrape et nous confronte : c’est une leçon de vie et de cet enseignement, j’en ferai une force. Elle n’en saura rien !
CHAPITRE 30 On se retrouvera
Un poste fermait et j’étais la dernière arrivée : je dus partir, malgré tous les efforts de mon directeur, les temps avaient changé !
Treize ans plus tard, je participerai avec mes CM2 à l’un des projets de l’école Jean Jaurès, sur la péniche de l’environnement et je retrouverai quelques membres de l’équipe.
Bien plus tard, au moment de la retraite et grâce à Face Book, on se retrouvera sur la péniche d’Yves, transformée en chambres d’hôtes. Et on se rappellera les bons moments !
CHAPITRE 31 Retour en maternelle.
Quand on avait subi une fermeture de poste, on pouvait être prioritaire sur une école de repli. Le critère essentiel était que je sois dans mon quartier et j’optais pour une école maternelle.
D’après la directrice sur le départ, je quittais le paradis pour l’enfer. Sans exagérer, les tensions étaient vives en raison d’une situation particulière de l’école : un personnel sous tension, des classes chargées à bloc et des parents désagréablement exigeants.
CAPITRE 32 « Sauter une année»
Si une maîtresse décèle chez un enfant une maturité particulière, il est évident qu’elle proposera de « sauter une classe » après avoir échanger avec les différents acteurs. Dans toute ma carrière, je ne l’ai vécu que deux fois. Mais là, sur une seule classe, onze demandes de dérogation ! J’allais prendre les choses en main !
CHAPITRE 33 INEAT EXEAT
Cette année fut intense et je fus « délivrée » par mon mari grâce sa nomination dans l’Hérault. Je devais donc changer de département et bien que l’Education soit Nationale, j’aurais, une fois de plus, à affronter les « subtilités » de l’administration. Pour sortir (EXEAT) ou rentrer (INEAT) dans un département, les mêmes règles n’étaient pas appliquées de la même façon, ce qui donnera lieu à des situations vraiment ubuesques !
CHAPITRE 34 LA LOI ROUSTAN
Cette loi permettait à un enseignant de rejoindre son conjoint. En attendant, je demandais une disponibilité qui me fut accordée pour élever ma fille de deux ans.
L’année suivante un petit garçon vint agrandir notre famille, et à ce moment-là, sous le soleil du midi, je pensais que ma carrière d’instit était derrière moi ; j’avais ma petite classe personnelle.
Et pourtant, juste avant mon accouchement, un inspecteur m’appela pour me demander si je voulais prendre un poste à la rentrée. J’ai cru à une « blague » ! Mais non, les méthodes sont différentes d’un département à l’autre et je refusais sa proposition avec le sourire.
Je proposais mes services en tant que parent d’élèves mais aussi dans la crèche parentale pour mon fils avec mon amie Anne. Je commençais ma « carrière » dans le bénévolat.
CHAPITRE 35 En disponibilité
Après quatre années, nous revînmes dans le département du Rhône mais je restais en disponibilité puisque j’en avais la possibilité jusqu’au 9 ans de mon fils.
Une fois de plus, mon mari était absorbé par ses responsabilités professionnelles et de mon côté je m’impliquais en tant que syndic bénévole de notre immense lotissement.
Etre au service des autres, que ce soit d’abord pour sa famille, pour ses élèves ou pour ses voisins, j’étais bien occupée.
CHAPITRE 36 Une rentrée des classes étonnante
Après avoir accompagné notre fils de trois ans jusque dans sa classe, nous avons été surpris par l’accueil en primaire. Mon mari, qui avait tenu à être présent pour cette rentrée au CP de notre fille, faillit faire un scandale tant la directrice était désobligeante.
Elle nous refoula pour nous empêcher de voir les enseignantes de CP. Tout cela pour ne pas effrayer les parents qui redoutaient une instit de CP reconnue dilettante !
Heureusement, notre fille était dans l’autre CP mais avec une autre difficulté !
CHAPITRE 37 Assistante de la maîtresse de CP.
En effet, l’instit de notre fille qui venait de maternelle « hérita » d’un double niveau CP/CE2. Elle saura relever le défi et je me tiendrai à sa disposition pour l’aider dans cette organisation étonnante. Cependant les CP avaient été sélectionnés, comme ma fille dont la mère était enseignante. Je travaillais bénévolement mais très motivée pour ma fille bien sûr et les autres élèves. Moi qui n’avais pas voulu lui apprendre à lire pour lui laisser le plaisir de la découverte au cours du CP. Ce fut un peu tronqué !
L’autre instit continuera, fera fuir quelques parents mais restera à son poste !
CHAPITRE 38 Fonctionnaire indétrônable
Revenons aux fondamentaux et au statut du fonctionnaire. En passant du privé au public, j’ai pu comprendre que chaque statut à des bons et des mauvais côtés. Une pièce a toujours deux faces mais chacun pour créer la polémique ne voit que ce qui l’arrange.
Cependant, le côté protecteur du statut public peut laisser un fonctionnaire en poste malgré son incompétence et quand ce sont des enfants qui sont « maltraités », alors l’administration ne sait faire qu’une chose, déplacer le problème. Dans ce cas, la faire changer d’école.
CHAPITRE 39 / 1994 : Mon retour à l’école en tant qu’instit.
Il me faudra plusieurs années à partir de 1989 pour me réorganiser entre mes activités de maman et de responsable associative, toutes passionnantes mais chronophages. Si Ivan ILLICH les met dans la catégorie du « travail fantôme », c’est qu’elles sont indispensables au fonctionnement de la société mais ne rentrent pas en ligne de compte, si j’ose dire, puisqu’elles ne sont pas rémunérées. Je devais reprendre une place sociale et je décidais de repartir à l’école.
CHAPITRE 40 Coup de poker !
Mon poste budgétaire était resté dans l’Hérault et il devait revenir dans le Rhône (pas les fleuves, les départements). De l’un à l’autre, le fonctionnement devrait être facile.
Cependant, déjà bien échaudée, j’écoutais la petite voix qui me dit qu’il fallait trouver un plan B, et oui, en dehors du circuit administratif normal. La solution qui se mit en place fut vraiment incroyable et elle réussit ! Un vrai coup de poker !
CHAPITRE 41 Retour à l’école, près de chez moi.
Mon barème m’aurait permis d’avoir un poste définitif au premier mouvement mais, sans doute, loin de chez moi. Je ne pris pas ce risque et pour jouer la proximité, je participais au deuxième mouvement. Ce fut un bon choix et j’eus le poste définitif dans l’école au bout de quatre ans dans cette école, même si je dus changer de niveau.
J’étais dans la même commune, mais pas dans la même école que celle de mes enfants. Pour moi et pour eux, ce fut préférable. Ne pas tout mélanger. Après chaque enseignant fait son choix. D’ailleurs l’instit qui m’accueillit pour prendre le poste avait choisi de garder sa fille dans sa classe et même de la suivre dans la classe suivante.
Quel hasard : on avait passé le BAFA ensemble et fait la même colonie de vacances. Ce qu’elle fit, ce jour-là, scellera notre nouvelle amitié.
Par contre le choix de cette école étonna mon voisinage qui lui trouvait mauvaise réputation. Ils avaient tord et je fus heureuse de leur démonter le contraire.
CHAPITRE 42 Les effectifs
Quand toute l’équipe pédagogique s’entend sur l’essentiel, c’est à dire, mettre les élèves dans les meilleures conditions pour étudier, elle trouve des solutions et cette année-là, l’organisation des classes mit l’accent sur les CP avec trois classes de 17 élèves chacune, quitte à ce que les niveaux notamment de CM soient plus chargés. Ce sont des calculs compliqués mais parfois ils aboutissent.
Privilégier les CP avec des effectifs légers, c’est permettre à chaque enseignant d’être plus présent pour chacun. Ce calcul est évident à part pour des comptables bureaucrates !
CHAPTRE 43 Changement de niveau.
Une fois de plus la bonne entente entre enseignants aide à trouver des solutions. Je dus quitter le CP car une enseignante au barème plus élevé le voulait, ce qui est assez rare et mes collègues me proposèrent le double niveau CM1/CM2 et une promesse pour la suite qu’ils ont tenue.
De plus les projets innovants furent nombreux comme la pièce de théâtre mise en scène par Brigitte, la bibliothécaire. Tous les enseignants devenus comédiens la proposèrent à toute l’école, avec la complicité des parents. Je fis un rôle de composition que tout le monde me réclama, mais je ne fis qu’une représentation.
CHAPITRE 44 Enseigner, travail solitaire ou collectif
Comme l’administration n’a pas les moyens de vérifier le respect de l’empilage de toutes ses directives, le choix est laissé à chacun. Bien sûr, il y a les conseillers ou inspecteurs, il y a aussi quelques réunions pédagogiques, des « grandes messes » mais de moins en moins ;
Au final, c’est faite au mieux avec un mot d’ordre « pas de vague ».
C’est d’autant plus vrai dans des zones sensibles où travailler en équipe est un mode de survie.. Mon choix s’est fait naturellement en privilégiant ces écoles, ce qui me correspondait parfaitement. Non seulement, j’ai aimé travailler en équipe, mais j’ai aussi ouvert ma porte à toute sorte d’intervenants pour des ateliers ou des stages.
Finalement, c’est bizarre, de ne pas pouvoir avoir les deux, à la fois : un travail d’équipe dans un environnement apaisé.
CHAPITRE 45 le double niveau et les avantages que l’on peut en tirer.
Après ces deux années au CP, je sautais donc deux niveaux pour prendre le CM1/CM2. Un double niveau, mais sans doute le plus simple à coordonner. Une fois de plus, c’est grâce à l’entente entre les enseignants que nous avons pu organiser cet arrangement. Je pourrai ensuite suivre mes élèves en CM2. Le deal fut tenu et je resterai plusieurs années au CM2 où je verrai arriver, deux années de suite, mes élèves de CP. Une situation que j’exploiterai dans mon mémoire à la fac.
Suivre ses élèves, c’est super, quand ça se passe bien pour eux comme pour l’enseignant, mais surtout c’est gagner du temps : on se retrouve comme après les petites vacances.
CHAPITRE 46 Mon ami Roger, un enseignant formidable
Quand on est enseignant, on passe presque toute sa journée avec des enfants ; ça peut paraître une lapalissade, mais on a besoin pour équilibrer son mental, je pense, d’avoir des échanges avec des adultes. Mais les moments sont très courts et dès qu’on met un pied dans l’école, tout tourne autour des élèves, surtout quand c’est une école bouillonnante de situations en tout genre !
Les récréations sont des moments encore plus intenses, car soit on est de service de surveillance, toilettes et cours, soit on profite de ce moment, en salle des maîtres pour régler mille problèmes. Pour quelqu’un de l’extérieur, c’est un bourdonnement d’échanges où on parle tous en même temps, on se coupe la parole autour de la machine à café.
Difficile d’ailleurs pour un représentant qui essaie de nous convaincre en ce court instant.
Alors quoi de plus fort que de rencontrer des enseignants qui deviendront plus et parfois des amis.
J’ai eu la chance d’en garder quelques-uns mais je voudrais parler de Roger. Tout de suite, nous avons été complices et il deviendra un ami solide. Si j’ai une pensée forte pour lui c’est qu’il ne pourra malheureusement pas bénéficier de sa retraite et de son projet de maison d’hôtes. L’hommage qui lui sera rendu par tout le monde et surtout ses élèves nous fera chaud au cœur.
CHAPITRE 47 LA DICTEE OUVERTE
Les idées les plus simples tout le monde les a eues, encore faut-il les mettre en pratique.
Celle-ci, comme les sons en couleurs que je développerai en CE1, paraît simple mais la préparation demande beaucoup de travail. De plus chacun l’interprète à sa façon pour se l’approprier et la rendre la plus efficace possible.
Roger avait lancé l’idée de la dictée ouverte et son application me parut intéressante. Evidemment, je la mis à ma façon et les résultats furent à la hauteur de mon investissement.
La meilleure récompense est qu’elle soit reprise par des collègues et que les élèves qui se disaient « nuls en dictée », la plébiscitaient !!!
Je reprendrais la « dictée ouverte » dans mon mémoire pour le concours de professeur des écoles.
Merci Roger. J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec des collègues et chaque fois, on progresse tellement mieux pour le plus grand bénéfice des élèves.
CHAPITRE 48 LA PENICHE DE L’ENVIRONNEMENT.
Je reprends contact avec mes collègues de l’école Jean Jaurès de Vaulx en Velin pour le projet péniche. Comme je suivais mes élèves de CM1 en CM2, le projet avait pris racine et tout le monde était impatient.
CHAPITRE 49 CLASSE DECOUVERTE
Faire une classe découverte, c’est du 24h/24 avec une responsabilité de tous les instants : école et activités sur le terrain. Etre à la fois enseignante et monitrice mais pas que, puisqu’il faut être à l’écoute de tous les petits bobos et apaiser les angoisses et autres chamailleries.
Si j’ai fait cette classe découverte, c’est parce que je connaissais les organisateurs, mes anciens collèges de Vaulx en Velin ainsi que mes élèves puisque je les suivais de CM1 en CM2. Tout se passa tellement bien qu’elle est restée pour moi comme « la croisière s’amuse ». Rien de tel pour démarrer une année scolaire !
CHAPITRE 50 L’INFORMATIQUE A L’ECOLE
Après avoir raté l’entrée de la télévision à l’école, celle de l’informatique a été pire, car si tout le monde avait un poste chez lui, trop peu possédait un ordinateur sans parler du fait qu’il faut plus qu’un boitier pour le faire fonctionner : une vraie formation !
Une fois de plus, c’est la volonté des enseignants qui prévaut et ceux de Vaulx en Velin avaient été précurseurs dès les années 80, mais il faut bien le dire, avec le système débrouille
CHAPITRE 51 PC ou MAC ?
Que ce soit l’un ou l’autre, ce n’est pas un téléviseur ni même un magnétoscope. Il ne suffit pas d’avoir un boitier et une notice pour le faire fonctionner. Il faut avoir une vraie formation.
J’avais une certaine avance grâce à mon mari qui utilisait l’informatique depuis plus de 20 ans et qui fut mon formateur à domicile sur PC. Mais il choisit un MAC pour la maison qu’il trouva plus approprié à mon activité d’enseignante.
Les PC étant moins chers, ils étaient choisis plutôt que les MAC, ce qui était un investissement à court terme !!
CHAPITRE 52 FORMATION CONTINUE OU PAS
Quand on n’a pas eu de formation initiale, on attend que la formation continue vienne palier ce manque. On se rend vite compte que la formation continue n’est faite que de séances de COM pour la plupart, évidemment pour masquer le manque.
Mais surtout, il apparaît, en retour des expériences des uns et des autres que la formation initiale n’est pas adaptée. Elle est même totalement déconnectée de la réalité du terrain, ce qui cause beaucoup de désillusions mais plus encore d’inadaptation aux exigences de ce métier.
Voilà pour le cadre général. Heureusement, il y a des êtres responsables et compétents qui arrivent, dans cette matrice étouffante à animer la flamme de la créativité pour proposer des formations dynamiques.
J’ai eu la chance de participer à un stage informatique en 1998 mai c’est l’exception qui confirme la règle, comme il est dit dans les leçons bien apprises.
CHAPITRE 53 STAGES DE FORMATION
J’ai pu faire la différence entre le stage de 1982 et celui de 1998.
Oui, la formation, ce n’est pas tous les ans ! Il faut faire la demande et encore faut-il pouvoir être retenu ? Je préfère oublier celui de 1982 et me réjouir d’avoir pu faire celui de 1998 en informatique d’autant que j’avais un Mac à la maison et qu’entre la salle de recherche internet avec les PC que nos excellents professeurs avaient intitulé « internet et tricot » tant l’affichage des données étaient longs, celle des MAC prenait tout notre temps pour la création.
Ils me feront faire des pas de géant ! Mille mercis à eux. Je suis souvent sévère avec l’administration, et à juste titre, mais si elle tient debout c’est parce qu’il y a des personnes formidables qui en sont les murs porteurs.
CHAPITRE 54 UNE ANNEE ENTIERE A LA FAC
Je suis entrée dans ce métier sans aucune formation mais j’ai toujours essayé de glaner le maximum d’opportunités pour me perfectionner. Quand il a fallu de plus trouver une synergie entre mes différentes vies, de maman, de maîtresse mais aussi de responsable associative, alors, j’ai cherché et l’opportunité fut une année de formation universitaire. Elle sera déterminante mais pas non plus comme je le pensais et sera la raison de ma fin de carrière si incroyable. Un défi qui a déclenché l’écriture de ce livre.
Nous étions en 2000 et grâce à un inspecteur investi, j’ai pu à près de cinquante ans redevenir étudiante. Je ne connaissais même pas la fac des sciences de l’éducation comme de nombreux enseignants qui furent surpris de cette formation d’une année. Mais il faut lire le BO et tous y ont droit. Il suffit de demander ! Pour cela j’avais une stratégie qui a bien fonctionné.
CHAPITRE 55 RETOUR A LA FAC
Comme le retour à l’école primaire quatorze ans plus tard, le retour à la fac que j’avais quittée en 1974 me sembla aussi régressif ! Bien sûr, il y a le cadre mais surtout tout le décorum et les pratiques qui n’avaient pas changés Une fois de plus, je me disais, qu’à part les innovations technologiques évidentes avec l’informatique, tout était toujours poussiéreux et ce n’était pas qu’une image !
Mais surtout quel était le rapport avec l’école, celle que je connais ? Je compris vite que la pyramide était inversée et pourquoi l’expression « on marche sur la tête » a toute sa signification.
CHAPITRE 56 SCIENCES DE L’EDUCATION
En fait ceux qui suivaient ces cours n’étaient pas enseignants. Nous n’étions que quatre instits. Non, le cursus permettait à chacun, quelque soit son domaine de pouvoir l’enseigner.
Ainsi, le dresseur d’escargots avait un boulevard devant lui !!
Pour les instits, il permettait d’avoir le niveau licence pour postuler au titre de professeur des écoles. Je pris, dès janvier une autre voie en préparant le concours interne de professeur des écoles. Mais je continuais à suivre les cours, et deux plus particulièrement m’ont passionnés. Deux seulement mais ils m’ont permis de comprendre beaucoup de choses sur la fondation et le fonctionnement de notre école : l’histoire et le handicap.
CHAPITRE 57 UNE AUTRE METHODE VENUE DU CANADA
Deux enseignants canadiens sont venus nous faire part de leur travail sur le handicap mais surtout sur la méthode mise en place pour que tous, chercheurs, universitaires mais aussi enseignants de terrain puissent travailler ensemble. Et pour échanger, il faut parler la même langue, ce qu’ils ont mis en place avant de commencer ! Quelle belle leçon d’humilité !
CHAPITRE 58 CONCOURS DE PROFESSEUR DES ECOLES
J’achetais le manuel de préparation et j’en avalais les moindres conjectures. Sans trop réfléchir car sinon, la réalité m’aurait remis les idées en place, je m’imprégnais et je m’immergeais dedans pour m’adapter à ce verbiage et à cette orthodoxie. Je n’avais que quelques mois. Ce fut positif pour réussir l’écrit. Mais pour défendre mon mémoire, une surprise m’attendait.
CHAPITRE 59 LES RESULTATS
Mon acharnement avait payé : j’obtenais le concours et devenais professeur des écoles. Le métier est le même mais l’âge de la retraite ne l’est pas. 55 ans pour les instits et 60 pour les professeurs des écoles ; à croire que le métier est devenu moins fatigant !!!
Evidemment, je n’avais pas passé ce concours pour travailler 5 ans de plus. Une clause prévoyait qu’en ayant 15 ans de service actifs, je conservais ce droit de partir à 55 ans.
Je les avais ou croyais les avoir, et ce n’est pas une question de mathématique puisque 11+4 font 15 !!! Un courrier de l’Académie me le confirma. Mais le « loup » était bien caché et se réveillera bientôt!!!
CHAPITRE 60 RETOUR AU CP
Je suis plutôt en forme mais étudiante à 49 ans ou reprendre un CP à 50 remet les choses en place : l’implication est la même mais la récupération est plus longue. Passer du CP au CM ou du CM au CP, le confirmera.
Je fus ravie de reprendre le CP, un niveau que j’adore, d’autant que je partageais ce niveau avec Odette dont c’était la dernière année avant sa retraite. Cependant, l’année suivante, en raison de mes obligations personnelles et associatives, je décidais de reprendre un mi-temps.
CHAPITRE 61 SUIVRE MES ELEVES DE CP EN CE1
Pourtant, je ne voulais plus travailler sur demi-journées, car c’est déstructurant : découper la journée qui n’a que 24h entre la maman, la maîtresse et la responsable associative, même en mettant toutes les synergies possibles, c’était frustrant ; j’avais l’impression de ne rien faire à fond…la fameuse charge mentale était trop lourde et je devais ménager la quinqua !!
Heureusement, grâce à Agnès elle aussi titulaire, je pouvais suivre mes élèves en CE1.
Notre organisation sur deux jours entiers emporta ma décision et j’en fus ravie pendant les quatre années de notre collaboration.
Elle se consolida avec Isabelle qui prit l’autre CE1 et de là naquirent une organisation de fusion de nos classes pour innover dans nos méthodes pédagogiques. Chacune, avec sa personnalité, ses capacités et ses matières de prédilection, nous avons pu offrir beaucoup plus à nos élèves.
Suivre mes élèves m’avait permis de tous les emmener. Je savais que ceux qui n’étaient pas encore solides dans leurs apprentissages, rattraperaient le retard.
Quand les enseignants s’entendent bien, ces aménagements sont possibles et dans un quartier où de nombreux élèves ont besoin d’un peu plus, c’est primordial.
ENSEIGNANT ET FORMATEUR
Deux jeunes collègues avaient pris nos deux CP et en se trouvant sur le même étage, ce fut un plaisir de leur venir en aide tout au long de l’année. Elles prirent de l’assurance et alors qu’elles avaient douté en début d’année, elles souhaitèrent reprendre le CP l’année suivante. Mais les algorithmes administratifs en avaient « décidé » autrement et avec leur verdict impitoyable, elles furent privées de cette consolidation.
Bien sûr, il faut des règles mais quand elles sont plus destructrices qu’organisationnelles, il faut peut-être reprendre la main !
Dans ces moments- là, on se rend compte à quel point une formation de terrain est fondatrice et qu’elle ne devrait pas dépendre de la bonne volonté de quelques enseignants ou du hasard ! Vaste sujet qui n’est jamais vraiment abordé en encore moins maintenant à l’heure des QR-codes. Où sont les humains ????
CHAPITRE 62 AU CE1 DU JOURNAL AU SITE INTERNET
Suite à ma formation à l’école normale, nous avions fait un journal en CM2 « Les petits échos liès ». Dans ma copropriété « Le domaine des poètes » dont j’étais le syndic bénévole, j’avais fait un journal « l’Alexandrin ». Il fallait passer à l’internet et faire un site !
Une fois de plus, c’est grâce aux aides extérieures (c’est à dire, mon mari) que nous avons pu mettre notre site des CE1 en ligne avec toutes les rigueurs possibles, d’autant que nous n’avions pas suivi le protocole administratif.
Ce sera une fenêtre ouverte sur nos classes et les parents seront ravis de voir leurs enfants en action, que ce soit pour des activités purement scolaires ou des projets innovants.
Nous aurons beaucoup de visiteurs extérieurs surtout avec la mise en ligne de notre projet d’apprentissage rapide de la lecture appelé « Les sons en couleurs ».
CHAPITRE 63 LE SITE LE PLUS VISITE DE FRANCE
Evidemment, il ne s’agit pas du nôtre, mais de celui de Marc qui lui aussi a fait un site perso, non reconnu (évidemment) par l’institution mais plébiscité et visité par des milliers d’enseignants. Ayant la même philosophie, nous échangerons et il sera un guide important.
CHAPITRE 64 NOTRES SITE, PETIT MAIS COSTAUD
Pour qu’un site soit visité, il faut surtout qu’il soit actif avec des nouveautés. Il le sera puisque nous l’alimenterons tous les jours pour la plus grande joie des parents et lorsque la méthode des sons en couleurs sera en ligne, nous aurons des visiteurs. Mon passé de secrétaire dans un bureau d’études me permettra de faire une enveloppe SOLEAU pour protéger cette idée d’associer des sons et des couleurs puisque tout le monde l’a eue, mais c’est la mise en pratique qui l’est. Je prolonge la validité de cette enveloppe en attendant de la mettre en forme…mais il y a tellement d’autres choses à faire !
CHAPITRE 65 QUAND NECESSITE FAIT LOI
Pas le choix ! L’administration ne gère pas elle impose des solutions après avoir créé le chaos. En ne laissant pas les deux jeunes enseignantes dans les classes de CP, furent parachutées, deux enseignantes qui firent comme elles purent. Et comme elles furent éloignées dans un autre bâtiment, il apparut trop tard que les élèves avaient des difficultés de lecture et ils étaient nombreux, trop nombreux, donc ils devaient tous passer en CE1 !!!
« Tu es fonctionnaire, tu obéis ! »
Sachant que j’avais déjà eu des CP, il fut évident pour la conseillère pédagogique (l’inspectrice avait piscine, ce jour-là) que je prenne et j’apprenne à lire à ces CPen CE1.
CHAPITRE 66 APPRENDRE A LIRE EN DEUX MOIS
Le défi était de taille mais nous l’avons relevé. Il fallait cependant des moyens supplémentaires et des aides. Je demandais même l’impensable à l’inspecteur d’Académie qui faillit tomber de sa chaise mais il eut quand même une oreille attentive. Comme quoi !
La mairie nous accorda un budget supplémentaire
Et deux mois plus tard, l’inspectrice (qui était sortie de sa piscine) vint constater que les élèves étaient lecteurs. Pas tous, mais le plus grand nombre était sorti d’affaire ! Je n’avais fait que mon travail !
CHAPITRE 67 LA METHODE DES SONS EN COULEURS
Je ne suis jamais entrée dans le débat sur les méthodes de lecture (globale, syllabique, etc…)
La bonne méthode est celle qui permet aux élèves d’apprendre et il y a tellement de conditions à mettre en place pour qu’ils apprennent dans les meilleures conditions que réduire le débat de manière binaire alimente un faux débat, comme tout ce qui est simplifié à l’extrême, soi disant pour que ce soit mieux compris ! Et chacun y va de son avis !!!
La bonne méthode de l’enseignant est élaborée avec tous les outils à sa disposition mais surtout en étant à l’écoute de la demande de chaque élève. Alors sa méthode devient multiforme et adaptable selon les besoins. « Les sons en couleurs » s’est construite en partenariat avec les élèves et c’est pour cela qu’elle a été efficace et rapidement.
Je mettrai en annexe les outils pour y accéder.
Je pense que j’ai cette approche car n’ayant aucune formation initiale, j’ai fait avec mon instinct, mes souvenirs d’élève et une totale ouverture d’esprit pour glaner toutes les méthodes possibles.
CHAPITRE 68 LES INTERVENANTS
Avoir des intervenants c’est avoir du personnel en plus et cela peut changer beaucoup de choses. Mais quand c’est une personne à l’année comme Brigitte qui animait la bibliothèque, c’est un vrai plus. Non seulement, elle peut les accueillir pour choisir et lire dans ce cadre réservé aux livres, mais cela permet d’avoir à ce moment-là un groupe classe allégé. Et il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour comprendre que moins on a d’élèves, plus on peut leur consacrer du temps CQFD.
Faisant partie intégrante de l’équipe pédagogique, alors qu’elle était employée par la mairie, nous avons pu construire des projets pérennes.
Et puis, il y a tous les intervenants, emplois jeunes qui ont eu différentes dénominations, des artistes et des artisans. Nos portes ont été grandes ouvertes et nous les avons tous accueillis. Faire rentrer le monde dans l’école pour la rendre plus intéressante et attractive.
Mais surtout montrer que l’école est en lien avec le monde extérieur pour pouvoir mieux l’aborder.
CHAPITRE 69 DU PRIMAIRE AU COLLEGE
Mes cours de la fac, surtout en histoire, m’ont permis de comprendre pourquoi on sépare le primaire du secondaire. Parce qu’ils étaient en fait opposés : le primaire pour le peuple et le secondaire pour les classes aisées. Petit à petit des classes intermédiaires, Cours Complémentaire, Cours d’Enseignement Général, puis Cours d’Enseignement secondaire proposèrent plus de filières jusqu’à la création en 1975 du collège unique par la loi Haby qui très vite fut considéré comme une « catastrophe », sur laquelle personne n’est revenu. Dommage que le débat n’ait jamais été véritablement ouvert : on aurait pu éviter la situation d’aujourd’hui ; au lieu de donner la même chance à tous, les différences se sont creusées et ont même explosé dans la société.
Je propose une solution…à discuter bien sûr !
CHAPITRE 70 PATATRAS ! JE SUIS PIEGEE !
Mon récit aurait pu commencer ici. Comment ma fin de carrière fut un bras de fer avec l’administration et comment j’ai réussi à m’en sortir ! David contre Goliath !
Voilà deux ans que je suis professeur des écoles mais quand je demande mon décompte pour ma retraite, j’apprends que j’ai perdu le droit de partir à 55 ans alors que je croyais avoir tout balisé ; pas assez pour m’en sortir tout de suite mais suffisamment pour résister.
Mais justement cette « victoire » ne serait pas compréhensible sans connaître le parcours qui m’a donné les compétences, la force, l’expérience et les soutiens pour l’obtenir, notamment les avocats que je côtoyais dans le monde associatif !
CHAPITRE 71 QUE FAIRE ? COMMENT M’EN SORTIR ?
Plusieurs solutions « s’offraient » à moi : renoncer à mon diplôme de professeur des écoles ou démissionner : les deux apparurent difficiles voire impossibles. Restait la seule solution : prendre un avocat et aller devant le Tribunal Administratif.
Après avoir défendu des adhérents dans diverses associations, je savais comment résister à la pression, mais là, c’est moi qui étais dans l’œil du cyclone et j’aurai bien besoin de tous les soutiens possibles. Ils furent là et je leur dois à tous d’avoir pu résister et sortir de ce piège sans trop de dégâts !
CHAPITRE 72 DES SOUTIENS S’ORGANISENT AUTOUR DE MOI
Non seulement, je fus soutenue par ma famille et mes amis, mais mes collègues qui avaient suivis depuis toutes ces années mon « aventure » furent exceptionnels : j’eus droit à un départ en fanfare le dernier jour d’école mais surtout ils m’organisèrent un pot de départ, avec chanson et cadeaux dont un petit olivier, gage de longévité.
Ce départ, non officiel, me permit de ne pas en avoir plein le dos selon mon ostéopathe.
Quant à mon médecin, elle fut un soutien formidable en organisant mon suivi notamment chez un psychiatre.
CHAPITRE 73 « ILS VEULENT VOUS DETRUIRE »
Mon médecin m’avait indiqué ce psychiatre, le Dr T. car il était spécialisé pour aider ses patients confrontés à des « mastodontes « comme des grandes entreprises ou des administrations.
«Tout d’abord, sachez une chose, ils veulent vous détruire »
Sa première phrase fut violente mais le décor était planté et il m’aidera pendant les 28 séances suivantes à affronter, par l’esquive, cette administration et, étant lui-même expert, les cinq expertises psychiatriques qui je subirais.
CHAPITRE 74 POURQUOI CETTE HISTOIRE EST INCROYABLE ?
Quand une telle affaire vous tombe sur la tête, on se dit bien sûr, que l’on n’a pas été vigilant voire négligent et qu’on va en subir les conséquences. Mais, non seulement j’avais été vigilante puisque j’avais un courrier mais je découvrais que je n’étais pas la seule « victime ».
Comment cet homme, fonctionnaire de haut rang et si méticuleux avait-il été aussi piégé ? Je n’en étais pas ravie mais quelque peu soulagée de me dire que la machine administrative était vraiment ubuesque pour avoir pu trompé un tel homme. Il trouva une autre manière de s’en sortir, en montant dans la hiérarchie.
Peut-être qu’en lisant mon histoire, d’autres fonctionnaires se reconnaitront. Les textes administratifs sont tellement compliqués parce qu’empilés qu’ils deviennent contradictoires.
Je connaissais bien le sujet dans mon association sur le droit de la famille, j’allais le découvrir dans les textes qui gèrent les enseignants.
CHAPITRE 75 LE VIF DU SUJET
Comment expliquer simplement les textes administratifs qui régissent la carrière des enseignants, en particulier la mienne et celle de tous ceux entrant dans le métier par les remplacements ?
Devant le regard ébahi de mes interlocuteurs, j’ai au fil du temps essayé de trouver le message le plus simple pour être compris par tous.
« Expliquez moi ça comme si j’avais cinq ans disait l’avocat joué par Denzel Washington dans Philadelphia »
J’avais été maîtresse de CP, je savais aller à l’essentiel pour être comprise par des élèves de cinq ans mais là, l’exercice s’avérait très difficile.
A force, je pense avoir trouvé l’explication la plus claire. Elle l’est tellement, que d’ébahis, mes interlocuteurs deviennent stupéfaits, interloqués et un instant dubitatifs tellement c’est incroyable !!!
CHAPITRE 76 LA TETE DANS LE GUIDON
J’étais encore en activité quand je demandais une estimation de ma retraite. Voilà deux ans que j’avais réussi le concours et j’étais professeur des écoles.
Je repris le CM2, puis revenais en CP, puis en CE1. J’étais professeur des écoles, mais dans mon quotidien, cela ne changeait rien. Par contre la différence sera sur ma fiche de paie, en bas à droite.
Nouveau retraité, mon mari demanda où j’en étais dans mes décomptes. Après plusieurs décomptes, le dernier fit l’effet d’une bombe : j’avais perdu mon droit à la retraite à 55 ans en devenant professeur des écoles. Heureusement, la responsable à l’Académie me rassura, mais ce fut de courte durée : j’étais piégée !
CHAPITRE 77 : MON BLOG MON CONFIDENT !
J’avais ouvert un blog, grâce à ma fille férue d’internet, et ce nouveau support me permettait de proposer des réflexions sur différents sujets d’actualité. Il servira d’exutoire et de confident pour passer pas à pas toutes les étapes de ce bras de fer. Je lui posais des questions, comme : que faire à la rentrée si mon avocat ne veut pas statuer sur l’urgence ?
CHAPITRE 78 ISOLEE CONFINEE
C’est mon médecin qui me sauvera en me mettant en arrêt maladie me trouvant prête à imploser. Bien sûr, je ne me rendais pas compte mais j’étais sur la corde raide!!!
Je n’étais plus en activité mais « recluse » et cet enfermement allait être difficile, voire impossible !
Quand elle me dirigea chez un psychiatre, je me dis qu’elle exagérait mais j’avais confiance en elle, elle me connaissait bien ! Il était spécialisé dans les situations comme la mienne où l’on se trouve face à des mastodontes, comme les administrations. En effet, l’Inspection Académique m’envoyait sans cesse des injonctions pour me déstabiliser et il saura me garder la tête hors de l’eau !
Sans lui et son expertise, comment aurais-je pu résister ?
CHAPITRE 79 EXPERTISES PSYCHIATRIQUES
Oui, son expertise, car il était aussi expert et saura m’accompagner lors des cinq expertises que j’allais subir. Chaque fois, il me préparait car les experts se connaissent entre eux.
J’en avais le tournis tellement, chacun était différent pour la même expertise. Je me cramponnais pour ne pas devenir folle…tout du moins, garder mon sang-froid dans ce monde étonnant ! Il en aura fallu cinq et l’un d’entre eux saura trouver la solution pour me sortir de ce piège !
Je n’y croyais plus mais il connaissait bien son métier. Je découvrais comment l’administration utilise des experts extérieurs mais ne suit pas leurs conseils, ce qui les rendaient furieux.
CHAPITRE 80 ENFIN RETRAITEE !!
Une fois de plus, j’ai bénéficié de l’aide du personnel de l’inspection. Les deux responsables m’ont accompagnée, tout au long de ces années et je ne les remercierai jamais assez. Elle se sont mobilisées jusqu’au bout et j’avais l’impression qu’elles étaient partie prenante. Elles ont porté mon dossier à bout de bras pour que la fin soit enfin heureuse.
Bien sûr, j’étais soulagée, mais ce moment aura quand même un goût amer. Cela aurait pu être si simple. Ah si je n’avais pas été à la fac ! Ah, si je n’avais pas passé ce concours ! Ah, si je ne l’avais pas réussi ! Ah, si j’étais restée tranquille dans ma classe attendant la retraite que j’aurais apprécié dès le premier jour !
Mais ce n’est pas moi ! Il faut toujours que je me lance dans de nouvelles aventures ! Elles furent intenses et tellement fortes qu’aujourd’hui, j’ai de la matière pour écrire mon journal de maîtresse d’école
EPILOGUE
J’aime écrire et j’écris tous les jours, que ce soit sur un clavier ou dans mes cahiers mais c’est pour moi. Même sur mon blog, je ne fais pas de pub et mes quelques visiteurs sont des amis.
Et puis j’ai vécu l’expérience d’écrire pour être publiée dans le but de laisser un témoignage. Encore un ! Il est vrai qu’arriver à un certain âge, on a plus à raconter.
Dernière présidente de notre association CCNN-ARPEC sur le divorce et la prestation compensatoire, j’ai dû la dissoudre mais je voulais laisser une trace de notre combat associatif après 25 ans.
J’ai donc raconté une fiction, l’histoire d’une famille prise dans les difficultés d’une loi mal appliquée et qui a causé des dégâts souvent irréversibles. Bien sûr, il ne s’agissait ni de la nôtre ni celles des adhérents de l’association. C’était une histoire positive puisque la plus grande partie de nos adhérents ont eu gain de cause, grâce à notre mobilisation.
Pour ce premier livre, il s’agissait d’un exercice compliqué car l’émotionnel est difficile de garder à distance. Et ce fut un travail d’équilibriste pour ne pas raconter notre histoire.
Le livre « Demi-cousines, la prestation compensatoire en héritage a été publié et je suis heureuse d’avoir rempli le contrat que je m’étais fixé.
Quand je bloquais dans l’écriture de ce livre, je basculais sur celui que mes amis attendaient, celui du bras de fer avec l’éducation Nationale. De ce fait, en racontant ma vie de maîtresse d’Ecole, je pouvais lâcher les rennes puisque c’était mon vécu mais aussi parce que j’ai eu tellement de plaisir à revisiter ces années formidables et surtout à faire revivre ceux qui les avaient partagés.
Comme pour le premier, je suis heureuse d’avoir terminé ce récit, bien qu’il ne représente qu’une petite partie de ma vie. Mais là aussi, l’important était de témoigner d’un combat et d’une réussite.
Aux suivants…J’ai encore plein de choses à raconter!
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