Je viens d’entendre Jacques ATTALI sur BFM/RMC, interviewé par BOURDIN, un des rares journalistes qui, à mon sens,  fasse une vraie interview politique. Il présentait son dernier livre « une brève histoire de l’avenir », que je suis en train de lire… entre autres.
Je suis, comme beaucoup, surtout en ce moment, en train de chercher à comprendre comment fonctionne la politique dans notre pays, c’est pas simple mais passionnant et  c’est sûr, il faut s’en donner la peine et prendre du temps ! Difficile de ne pas voter comme on parie !
Pour élever le débat, tout le monde devrait commencer par  lire ce livre, le sien, ou des livres de cette qualité. Entre temps, j’ai lu « le cinquième pouvoir ». Merci Thierry.

Question du choix du candidat, je l’ai  déjà fait  pour des raisons de fond, confortées au cours de mes engagements. Au nom de ces mêmes engagements, j’ai toujours considéré que la forme (système gauche-droite,) était surtout un carcan qui bridait les initiatives et nous obligeait à des choix impossibles ou par défaut.

C’est surtout parce qu’on est tous noyés dans beaucoup d’informations qui confondent le fond et la forme qu’on cède, de guerre lasse à des propos du genre : «  gauche droite, tous pareils et même tous pourris » ! Cette confusion est entretenue par nombre de politiques pour en tirer avantage, c’est de bonne guerre, puisque ça a toujours marché comme ça !
Espérons que c’est en train de changer et que nous en soyons les maillons de ce changement. Le cinquième pouvoir doit  vraiment être  le contre pouvoir pour faire la part des choses. A chacun de nous quand il croit comprendre quelque chose d’en faire part pour nous éviter de nous « panurger » (tiens un nouveau mot…là je me Ségolénise !) C’est pour ça que je participe à ce forum.

Pour moi, Jacques Attali fait partie de ces accélérateurs de pensée dont on a bien besoin.
 
En répondant à la question du journaliste sur  la percée de Bayrou, Jacques ATTALI  explique que « son discours le met  assez mal à l’aise ». Si le choix d’un président se fait sur gauche et droite confondues, comment, lors des élections législatives, ce président pourra-t-il gouverner avec une majorité choisie dans la  gauche et la droite alors que le système de vote sera inchangé ?

Et Attali explique que cette opposition, droite gauche est, de fait,  la base de la démocratie.

J’explique ce que j’ai compris : Ce qui apparaît comme un clivage est en fait un  cadre, une sorte de repères, de balises pour permettre à chacun de se définir. Imaginons un instant qu’il n’y en ait plus…comment définir des idées extrémistes ?
Sur un terrain de foot, imaginons qu’il n’y ait plus de tracés !!!Au début ça n’empêcherait pas de jouer, mais très vite, ce serait invivable, puisque sans tracé visible, quand serait-on hors jeu ? On se définit par rapport à une valeur ! Comment se définir, où ranger les concepts. !

Comme pour  beaucoup,  le système gauche-droite  semble fait pour les hautes sphères et bien loin des préoccupations quotidiennes ;  j’ai, moi aussi, du mal à faire coïncider ce système politique,  et mon fonctionnement de simple citoyenne.
Personnellement j’utilisais déjà  deux balises : différence entre la gauche et la droite : la gauche, c’est chacun selon ses besoins, la droite, chacun selon ses moyens. Bien sûr,on a tous des besoins et des moyens différents, donc  après on affine, mais au moins, on part de quelque chose de clair à comprendre !

Ce qui nous gêne tous, en fait, c’est que ce cadre, qui n’est qu’une forme pratique devienne plus important que le fond. Après tout, c’est la place géographique des députés  dans l’hémicycle qui a défini cette terminologie.
Ce qui nous agace et nous fait rejeter ce système gauche-droite, c’est qu’on nous focalise d’abord sur lui, comme si c’était le préalable alors que ce n’est qu’une grille de lecture pour construire un projet et le mener à bien.

A toujours utiliser cette seule entrée, on  nous écoeure de ce système, on le rejette, comme si on restait à la porte avec un trousseau de clés sans trouver la bonne…On trépigne et à la fin, on a envie de tout envoyer balader et de renoncer à entrer !
C’est le cas de beaucoup de monde en ce moment.
Mais comment François BAYROU peut-il à la fois râler avec les citoyens, ce qui le rend sympathique et frappé au coin du bon sens, et   se conformer à la réalité du système politique en place ? C’est ce qui met sans doute Jacques ATTALI mal à l’aise ?

Personnellement, et surtout ,  au cours de  15 ans de vie associative, j’ai toujours défendu le pluralisme politique dans les associations que j’ai dirigées, en ayant chaque fois des arguments de faits pour les appuyer.
Je remercie Jacques Attali de me montrer ce nouvel angle , fondé sur l’organisation politique .
Son point de vue est celui d’un observateur très fin de la politique, d’autant plus crédible qu’il a été au cœur du système et donc le plus à même de nous l’expliquer.
Voilà ce que j’en ai compris. Il va me permettre de continuer à avancer dans ma réflexion et dans mes choix. Si je peux en faire profiter quelqu’un ?

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