Prologue :

L’histoire ou plutôt les histoires que je vais raconter ne se trouvent pas à la une des journaux. Parfois dans les rubriques des faits de société ou des faits divers quand ça tourne mal.

Non les histoires dont je vais vous parler sont celles des gens ordinaires, ceux que l’on croise tous les jours mais qui vivent des situations extraordinaires, ce qui ne veut pas dire formidables, mais plutôt des situations auxquelles ils ne pensaient jamais être confrontés quand ils se sont trouvés piégés par la justice et condamnés.

Condamnés par la justice, ça paraît logique, s’ils ont commis un délit ou pire un crime !

Non, ceux dont je vais vous parler n’ont commis aucun délit et aucun crime mais ils ont été condamnés par la justice et parfois à perpétuité.

En 1998 quand nous défilions près du palais de justice où une délégation de notre association était reçue, les commerçants qui avaient baissé leurs rideaux devant l’arrivée de ces manifestants, les ont vite relevés, tellement ils étaient étonnés : ils ne comprenaient pas pourquoi des familles, dont certaines auraient sans doute franchi leur porte, défilaient avec leurs enfants qui portaient un écriteau « condamnés à perpétuité ».

Oui, ils étaient bien français et il était visible que la plupart défilaient pour la première fois de leur vie. C’était en novembre et nous descendions, puis remontions la rue de la Paix pour ne pas prendre froid, attendant transis la réponse de la Ministre de la Justice.

Ce fut NON, on ne peut rien pour vous ! Vos condamnations ont force de la chose jugée ! Vous avez été condamnés et vos enfants hériteront de cette condamnation !

Nous étions quelques centaines dans la rue, pour beaucoup venus en car pour faire nombre et montrer que ce n’était pas le problème de quelques-uns mais de nombreuses familles qui découvraient le piège dans lequel était tombée leur famille.

Il fallait se regrouper en association pour faire valoir nos droits, obtenir une audience auprès de la ministre, venir manifester à Paris avec les enfants placardés de cette condamnation…

Fin de non recevoir !

Nous sommes tous rentrés chez nous, effondrés dans un premier temps, en colère dans un deuxième.

C’est quand il n’y a plus rien à faire qu’il faut s’attaquer au problème.
C’est ce que notre association fait depuis 20 ans après avoir reçu, à chaque demande les mêmes fins de non recevoir….

Et à chaque fois, abattus mais non battus, nous avons relevé la tête, pour nous mais avant tous pour nos enfants et nous avons obtenu quelques avancées.

Nos enfants nous regardent. Ils sont notre avenir, notre devenir. On ne peut pas les laisser démarrer dans la vie avec une telle charge, une telle épée de Damoclès au dessus de leur tête.

Si en France, le divorce est un droit inscrit dans le CODE CIVIL, pourquoi le fait de divorcer entrainerait-il des familles entières dans des situations épouvantables suite à un jugement de divorce.

Divorcer serait-il un délit, voire un crime pour condamner à vie des hommes divorcés entrainant avec eux leurs familles recomposées ?

1997 /2020 : 23 ans pour nous faire entendre, pour réclamer justice !

 

Et pourtant rien n’est terminé, nous devons continuer mais surtout informer.
On pourrait penser que ce sujet ne concerne que quelques-uns, vieux divorcés au bord du cercueil. Non, il s’agit surtout de leurs familles qui sans doute ne savent pas de quoi il retourne.

Notre association, Le CCN-ARPEC a pour vocation de tendre la main à ceux qui sont impactés par ce problème mais comment les contacter ?

Dans ce monde de l’information surabondante qui devient envahissante donc vite inaudible, comment être entendu ?
Médias, internet, réseaux sociaux….

Comme ce serait fastidieux de raconter nos combats, et pour que chacun comprenne à quel point ce sont des situations auxquelles on peut tous se retrouver confronter, je vais raconter comment tout cela a pu arriver à travers l’histoire d’une famille recomposée.

Essayons un livre, un roman où personne ne se reconnaît mais où l’histoire de chacun se retrouve.

Au fil de nos combats, les journalistes ont toujours voulu illustrer leurs reportages par des témoignages des familles impactées. Et chaque fois, très peu acceptait d’être exposé, par pudeur, et aussi par crainte de mettre de l’huile sur le feu dans des situations personnelles déjà explosives.

Or ce sont les exemples concrets qui sont les plus parlants.

La famille dont je vais vous raconter l’histoire n’existe pas ou plutôt elle existe mille fois, car elle est le reflet de réalité de milliers de familles : elles ont toutes connu le même parcours et les mêmes difficultés et ceci à tous les niveaux de la société.

Ce qui motive ma décision d’écrire cette histoire commune, c’est que ceux qui ont été le plus pénalisés sont les plus modestes et les plus nombreux et ils sont toujours sur le carreau.

Au-delà du sujet de fond, je souhaite mettre un coup de projecteur sur la responsabilité de nos élus qui font les lois. C’est aussi pour cela que notre histoire est emblématique.

Quand une loi si bien faite aboutit au résultat complètement opposé de ce pourquoi elle a été faite, alors c’est très grave et notre histoire va l’illustrer.

Si cette loi avait eu un SAV, une évaluation après 5 ou 10 ans d’application, alors on se serait rendu compte des dérives et des catastrophes annoncées et on aurait éviter des drames et des outrances.

1975 : loi du divorce par consentement mutuel 2000 : loi du divorce sur le consentement mutuel

Il a fallu….25 ans…notre mobilisation et une nouvelle loi qui n’a pas arrêté l’hémorragie !

J’espère, qu’avec cette « fiction » ce sera plus clair. Comme la réalité dépasse souvent la fiction, je pense que beaucoup auront du mal à y croire !
C’est l’histoire d’une famille….

 

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