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MON HISTOIRE incroyable

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Une fois de plus, merci à ma fille chérie pour avoir reformater mon blog. L’ancien n’était plus opérationnel et j’ai failli perdre toutes mes productions.

Géraldine me les a récupérées et j’ai pu commencer à refaire le tri notamment pour les catégories qui sont nombreuses vus mes centres d’intérêt.

Malheureusement, les photos ont disparu mais j’ai fait le lien avec mes autres supports,Facebook, Tweeter et Instagram.

Ce blog, ouvert en 2007, avait pour vocation d’être un journal pour suivre pas à pas mon changement de vie : mon départ à la retraite! Mais ce ne fut pas un long fleuve tranquille! Bien au contraire je me suis vue plongée dans un cauchemar : piégée par ma propre administration. En relisant les textes qui ont jalonné ce bras de fer, David contre Goliath, je me dis que l’écriture est une aide formidable pour matérialiser, formuler des situations pour mieux les affronter. Je reprendrais tous ces articles pour finaliser le livre témoignage de MON HISTOIRE (catégorie)

Enfin sortie de ce piège..et plongée dans de multiples activités, comme l’associatif, j’avais laissé ce blog que je reprenais au gré de quelques lectures ou analyses. .

L’interface était  devenue obsolète…et je  m’y aventurais moins. Et puis, le confinement est venu ravivé, par effet retard, ce besoin d’écrire.

En effet, vu le contexte de cette année 2020, je pourrais mettre toutes les réflexions et analyses que j’ai mises sur le papier…Je vais sans doute nourrir les catégories politique et santé…

Pour l’heure, je dois terminer le livre témoignage qui va clôturer notre association le CCN-ARPEC, sur la prestation compensatoire, versée par des divorcés dépendant de la loi de 1975. Une dérive de cette loi qui a abouti à des aberrations!!!! Après plus de 20 ans de combat et heureusement quelques avancées, obtenues de haute lutte, notre association arrive à sa fin, surtout à cause de l’âge de nos adhérents qui vont passer le relais à leurs héritiers. En effet, ceux-ci  vont devoir assumer les conséquences de cette loi sur la prestation compensatoire de 1975.

Le site http://www.divorceprestationcompensatoire.fr/ la page Facebook du CCN-ARPEC en seront les traits d’union et ce livre témoignage le point final mais surtout la mémoire de ce combat pour en comprendre les rouages.

C’est un sujet tellement complexe que ce livre sera composé de quatre parties : la première est l’histoire d’une famille décomposée par la prestation compensatoire. Evidemment, aucun de nos adhérents n’a accepté de se donner en pâture pour raconter comment ils se sont trouvés piégés par cette loi. D’ailleurs il n’était pas question que ma famille soit non plus citée. J’ai donc décidé de raconter une histoire fictive mais qui reprend la trame où chacun se retrouvera. Je suis en train de terminer ce récit, mais il est difficile à écrire vu que je suis sur le fil où les émotions vives s’invitent à tout moment de la réalité vers la fiction. J’en ai écrit l’essentiel et j’ai demandé, notamment à ma meilleure amie d’en être une lectrice critique.

La deuxième partie sera traitée par notre avocate conseil qui reprendra les lois et  amendements. La troisième donnera des exemples concrets sur des dizaines de familles ne faisant bien sûr apparaître que l’essentiel sans coordonnées. La quatrième fera le rappel des actions de notre association et de ceux qui ont activement et bénévolement oeuvré pour sa réussite. C’est un énorme travail mais je  dois m’y tenir d’autant que je reçois de l’aide et du soutien dès que j’ose la solliciter, notamment pour la mise en page, l’illustration et l’édition….Merci Fairhid!

Vu le nombre de divorces et de familles recomposées, ce livre se voudra être aussi un guide plus général.

Un autre livre témoignage.

En parallèle, j’écris aussi …l’histoire de ma vie de maîtresse d’école...mais surtout par quel “hasard” ou pas je suis devenue institutrice!

Il y a 10 ans, je me suis retrouvée confinée...et l’écriture sur ce blog avait jalonné cette période difficile!

Et oui! J’entamais un “bras de fer” avec mon administration, l’Education Nationale! Suite à une mauvaise information de sa part, je me retrouvais piégée : parce que j’avais réussi le concours interne de professeur des écoles, et alors que je l’avais passé pour améliorer son montant, voilà que je perdais mon droit à la retraite des instituteurs,  à 55ans.

Même le juge du tribunal administratif était effaré : j’avais passé un concours…. pour travailler 5 ans de plus!!!!! Cette histoire ubuesque m’a entrainée dans un bras de fer qui a duré près de 2 ans et que j’ai finalement gagné, grâce au soutien de TOUS, même des services académiques. Et TOUS ou presque devant mon histoire incroyable m’ont dit :  “tu devrais l’écrire “.

Quand on s’en est sorti…on a  qu’une envie : oublier, passer à autre chose…mais j’ai toujours pensé que j’écrirais cette “histoire” pour servir de témoignage sur ce qui se passe dans l’administration et surtout pour donner espoir à ceux qui se battent : ne jamais baisser les bras…je m’appelle BRAMONTE, c’est sans doute plus facile LOL!

J’ai commencé mille fois dans ma tête, sur des carnets, sur ce clavier à écrire mon histoire que j’ai souvent racontée…: toutes les phrases sont prêtes à être imprimées et des dizaines d’articles sont en attente! Mais en commençant par la fin, il m’est apparu indispensable de raconter le début : comment j’avais atterri dans cette administration castratrice d’autant que j’avais été échaudée : j’en avais vu d’autres en tant  qu’étudiante, la poste ou  les impôts.

J’ai donc repris  cette histoire qui a des racines dans mon enfance.  Avoir un regard plus général sur cette “destinée” m’a fait comprendre les choix que j’avais faits. Des choix souvent basés sur des intuitions ou une lecture d’indices que me donnaient les circonstances de la vie. Le choix de rejoindre l’Education Nationale en est l’un des plus flagrants!!! Devant l’intérêt de mes interlocuteurs, je me suis toujours dit que je devais le mettre par écrit….

En reprenant ce blog, je commencerai par mettre des extraits de ces textes pour avoir des avis, pas seulement de ceux qui me connaissent mais d’autres visiteurs qui seraient arrivés sur ce blog par les chemins détournés, notamment  des réseaux sociaux.

J’aime écrire et j’écris tout le temps depuis si longtemps…Sans doute, avec l’âge de la sagesse.. j’ai envie de partager un peu plus  aujourd’hui !

Mais écrire quelques articles …ou un livre! Serai-je au niveau?

J’ai essayé de me rassurer en participant à la master class d’Eric Emmanuel Schmidt. J’ai d’ailleurs mis quelques exercices dans la catégorie essais.Je me suis régalée, en faisant des figures imposées, à revisiter quelques souvenirs mais j’ai vite arrêté pour ne pas trop m’éloigner de mes projets. Non, je n’ai pas besoin d’inventer, il y a tellement d’histoires vraies de ma vie à revisiter…parfois je me dis que j’ai déjà eu plusieurs vies..et pourtant il me reste tant à faire!

Voilà, c’est j’espère,  reparti..Mes doigts recommencent à courir sur le clavier. Merci à mon premier job de secrétaire, autodidacte comme les autres d’ailleurs,  d’avoir conservé ce savoir faire.

Comme beaucoup, je pensais mettre à profit le confinement pour accélérer tous ces projets et curieusement…ou évidemment, j’ai été bloquée!!! Mais après cette année bousculée, l’énergie revient  car cette situation “exceptionnelle”” a eu d’autres effets, notamment celui de nous mettre en observation, en interrogation, en réflexion sur nous-mêmes et sur le monde réel dans lequel on vit! Mais surtout, j’ai engrangé des monceaux d’informations sur des sujets, notamment de la santé que je n’aurais jamais consultés sans cette assignation à résidence!

A 68 ans et grâce à  toutes les expériences que j’ai vécues…les pièces du puzzle se sont rassemblées et je vois de plus en plus clair!

Et cela j’ai envie de le partager.

A bientôt peut-être…

 

 

C’est ce que j’ai souvent entendu quand je l’ai racontée!

 Tant de fois!

C’est vrai que   ce serait plus simple de tout mettre par écrit, une bonne fois pour toute. Ecrire pour expliquer, mais aussi témoigner. Et surtout aujourd’hui, après 6 mois de recul, écrire pour me libérer et me soigner de cette histoire ubuesque!

 Et oui,   Voilà près de 6 mois que je n’ai pas écrit sur mon blog ou ailleurs !

 Promis : aujourd’hui mardi 3 mars 2009 : je vais laisser les mots sortir de ma tête, je vais essayer de les organiser pour qu’ils m’aident à y voir plus clair, et promesse que je me fais en tapant ces quelques mots, je ne les effacerai pas et même je les publierai sur mon blog !

 C’est toujours le premier pas qui coûte : aujourd’hui, je le fais, je pense qu’il est grand temps !

 Après de nombreux aller-retour dans ma tête, des bouillonnements sans fin, des démarrages brusquement arrêtés !!! de marabout d’ficelle, de parenthèses que j’ouvre et que je ne referme jamais !!! (dixit mon psy)  je vais essayer de  faire repartir ma machine !

 Devenir compréhensible, restructurer mon cerveau pour le mettre en situation de concevoir mon futur, de l’organiser en fonction des nouveaux paramètres qui sont à ma disposition.

 Qu’est ce qui m’a mis dans cet état ? Et pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me débarrasser de ce sentiment d’oppression ?

 Je sais que je suis victime de moi-même avant tout, de ma façon de «  comme on dit « tout prendre trop à cœur ». Justement, je prends trop à cœur un problème dans lequel le cœur  n’a rien à voir.. : D’où le BUG !!!

 Faire un bras de fer avec l’administration, n’est évidemment pas anodin : David contre Goliath….depuis bientôt 7 ans ( !!!) mais déclaré depuis 5 ! C’est long très long !… je veux démissionner, ne plus en entendre parler !

 « NON NON NON   pas si près du but « me dit mon entourage tellement impliqué! “Tiens le coup, tu ne peux pas tout laisser tomber maintenant, si près du but, ce serait trop bête!”

Oui, c’est vrai, je ne vais pas lâcher maintenant! 

Et je me plie à cette évidence mais je suis comme un funambule qui est « sur le point  » d’atteindre l’autre rive et qui de toute façon ne peut pas tomber, tellement il a de sécurités qui le tiennent. Merci à mon mari, président de mon comité de soutien!

 Mais bon j’ai envie de terre ferme sous mes propres pieds et marcher sans aide!

 Je me dis que si j’arrive à reprendre le fil de mes récits de vie, je vais pouvoir trouver le bout de la ficelle pour refaire la pelote emmêlée et repartir d’un bon pied !

 D’autant que des projets, j’en ai plein ma tête et mes placards. Là, j’ai été un peu stoppé net !

Oui, mes chères collègues, je n’oublie pas que j’ai une méthode de lecture à mettre en forme, trouver un éditeur !!!!

Heureusement, l’organisatrice de fond qui est en moi a pris le relais et j’ai commencé par ranger mes placards ? ce qui est un bon début ! 

 Donc, c’est reparti avec un projet qui est (doit être , sera) aussi une thérapie : ECRIRE !

 Il me semble que lorsque je pourrais reprendre le fil à l’envers, revenir sur toute mon histoire d’enseignante, je pourrai plus facilement en  vivre la fin, même si celle-ci n’est pas celle qui était prévue au départ.

 Donc : projet numéro 1 : ECRIRE mon histoire :

 – comment mon choix d’être instit, puis prof des écoles m’a permis de faire un métier que j’ai adoré dans des écoles formidables, et ça c’est assez merveilleux pour être raconté !

  – et comment je me suis fait “piéger” par l’administration qui me contraint d’aller au Tribunal Administratif réclamer mon droit à la retraite !

 Car ce qui est assez étonnant et qui se télescope dans mon histoire,  c’est la distance entre ces deux mondes : celui de l’école, lieu vivant et réactif , enserré dans celui d’une administration qui devrait être un cadre protecteur mais  peut devenir un étau destructeur !

J’ai décidé de publier, dans un premier temps ,  sur ce blog, les différents chapitres qui seront soit chronologiques, soit élaborés à partir d’un mot-clé.

Le premier chapitre, je l’ai déjà écrit en  juin 2008 : mon départ de l’école.

Je repartirai donc  de là où tout s’est arrêté dans les faits, pour continuer dans l’écriture et remonter le temps de ma vie d’enseignante.

 On m’a suggéré d’ailleurs, vu mon histoire, d’écrire un livre. On verra, je vais écrire quelques chapitres et puis si c’est cohérent, intéressant…

Jeter quelques idées sur le papier,bien sûr c’est écrire et   c’est ce qui m’a souvent aidé à reprendre le cours de ma vie : passer par l’écriture, la mienne sous tous supports, cahiers d’écolier souvent, carnets, agendas…mais aussi par celle des autres.

D’ailleurs, les pyramides de livres, à côté de mon lit en témoignent…des auteurs, mes amis inconnus qui m’ont aidée à nourrir mes réflexions et  à remettre de l’ordre dans mes pensées, sans parler bien sûr du plaisir intense de tenir un livre entre les mains et de se laisser emporter !

 Plus encore, en  reprenant un à un, les derniers achetés,  le plus souvent par hasard ou  par instinct. Il m’apparaît qu’ils sont arrivés chacun au moment où j’en avais besoin, durant ces derniers mois,  répondant à mes questions où accompagnant mes propres interrogations.

 Tous ces auteurs sont des passeurs …et aujourd’hui, j’ai envie de continuer  en reprenant la plume !!! C’est une image, je tape plus vite sur un clavier.

Donc, pour ceux qui sont déjà arrivés jusque là ! BRAVO !

Ce sont sans doute, ceux qui m’encouragent à écrire. Qu’ils soient remerciés de leur encouragement. J’attends maintenant les commentaires.

Bien sûr, j’ai pas mal de textes sur mon ordi.. des morceaux de moi , des brouillons secrets que je vais relire. A savoir maintenant si je pourrais  les mettre sur ce blog!

Vos critiques et vos encouragements seront  une part essentielle de mon entreprise.

Bientôt la suite ! (de mon histoire et de mes autres projets)

Enfin, la date est fixée : Mardi 29 juillet à 14h30, le Tribunal Administratif décidera s’il y a urgence lors de la demande de référé !!!

…/…

Nous sortons de l’audience et même si le juge ne remet son rapport que dans quelques jours, on a compris  qu’il ne recevra pas ma demande favorablement mais mon dossier l’interpelle. Et alors que pour les audiences au Tribunal Administratif, les “écriture sont déposées”, selon la formule, c’est à dire que tout est écrit et que l’avocat ne plaide pas, il souhaite  poser des questions. Tout d’abord il veut comprendre  mon cas et coment j’en suis arrivée là.

Je lui explique que j’ai passé ce concours pour améliorer ma situation et non la détériorer. Je n’ai pas passé un concours difficile pour travailler 5 ans de plus.Ce qui est frappé au sceau du bon sens.

Or, parce que j’ai fait confiance à ma hiérarchie qui m’a assuré de ma situation par erreur, je suis “piégée”! Et depuis cinq ans, l’administration me fait attendre avec des échanges de courrier souvent  contradictoires, dont je devrais faire le tri entre les courriers officiels et les courriers indicatifs. L’épaisseur du dossier posé devant moi en atteste.

Mais, avant tout,  il essaie de comprendre pourquoi il y a  URGENCE. C’est la condition sine qua non pour étudier mon dossier aujourd’hui. Pourquoi  faut-il accélérer la procédure?

Je lui explique qu’étant donné que j’ai dépassé l’âge de la retraite auquel je devais partir, 55 ans et que la rentrée est dans quelques semaines, j’estime  qu’il y a URGENCE. Attendre que le Tribunal statue sur le fond dans quelques mois me met dans une situation d’URGENCE. Comme dit mon avocat, il n’y a pas de machine à remonter le temps. Si, ou plutôt quand, le tribunal me donnera son accord pour partir à 55 ans, j’aurai 56 ans!!!!

Plusieurs fois, il pose la même question à la représentante du service judirique du Rectorat qui campe sur ses positions, répétant toujours la même chose. “Mme Bramonte  devait savoir que le courrier de L’inspection Académique n’était qu’indicatif et il n’y a pas urgence.”

Après de nombreuses questions où j’essaie d’exposer toutes les échanges, dont nombreux courriers recommandés, attestant de ces 5 années de négociation et face à l’immobilisme de la partie adverse, le juge comprend l’importance du dossier et sa complexité.

De ce fait,  le juge des référés, bien qu’il ait  été sensible à ma situation et parce qu’il estime que mon dossier  nécessite un vrai débat contradictoire,  n’a pas reconnu mon urgence,  qui devrait être vitale, selon les critères de son tribunal. En cas de dépassement de date, une indemnisation est prévue.

Ou alors pour qu’il y ait URGENCE,  il faudrait que cette situation difficilement supportable me rende malade!. Vu que ce bras de fer  épuisant  dure depuis plus de 5 ans, que le fait d’être prise pour une imbécile, au mieux une irresponsable est dur à supporter..je vais bien finir par craquer complètement. Déjà en début de la dernière année scolaire, j’ai dû être arrêtée plusieurs semaines pour épuisement moral, physique et nerveux.

J’ai repris le chemin de l’école car j’ai  voulu mener à bien mon projet jusqu’au bout et assurer mon service pour boucler l’année scolaire, comme il est de coutume, alors que j’ai eu 55 ans en décembre 2007. Cette année écoulée  a été très difficile pour de nombreuses raisons et je n’ai tenu que grâce à mes collègues et pour les enfants.

J’en suis sortie épuisée mais heureuse d’être arrivée au bout, surtout avec cette fin d’année où tous, collègues, enfants et parents m’ont assuré de leur gratitude et de leur soutien. Des dizaine de mots d’amour …

J’attendais avec impatience, encore, cette audience pour règler dans l’été, ma situation. Je devrais attendre encore quelques mois.

Quand l’énergie est épuisée, surtout à cette période de la vie d’une femme déjà difficile en soi, et que la résistance pour que la santé ne soit pas entammée devient de plus en plus dure à tenir seule….il faut admettre de se faire  aider. Cette audience m’a permis de passer ce pas  pour tenir  cette dernière distance  avant l’audience qui étudiera, cette fois,  toutes les pièces du dossier. Et là, les faits sont têtus et les écrits restent!

Cette phrase qui a accompagné tous mes combats jusqu’à présent : “celui qui réussit est celui qui essaie encore alors que tous les autres ont abandonné”. Tous les combats associatifs que j’ai menés, avec succès  depuis plus de 15 ans, sont des supports et des outils qui m’ont permis de résister.

Mais plus que tout, c’est  derrrière le rempart de protection de ma famille et de mes amis que je vais reprendre des forces pour

Dernière photo dans ma classe.J’ai 55 ans et je pars (à la retraite).

Je ferme la porte de ma classe. Mes élèves se mettent un rang. Je leur demande que ce dernier rang soit le meilleur de l’année. Et il l’est. Allignés, silencieux, les élèves me regardent avec un petit sourire complice. Pas un bruit, pas un chuchotement…nous descendons l’escalier. Je viens de leur faire un petit discours, le dernier, celui des dernières recommandations, pour effacer celui des adieux qui déjà, en fin d’année scolaire “normale” nous serre un peu le coeur. J’attends aussi que toutes les classes soient sorties. Quelques éclats de voix au loin. C’est bon, on peut y aller.

Ma gorge est un peu nouée. Tant mieux. Je leur ai dit :  je vous  regarde, je ne dis plus rien…ils sont sages. Je mets mes lunettes de soleil, pour affronter…le soleil mais aussi  parer aux larmes d’émotion que je ne pourrais pas retenir. Tout est calme, juste le froissement des vêtements et le cliqueris de quelques boucles de cartable et  nous arrivons dans le préau.

Le silence et  tout d’un coup : une foule dans  le préau   : tous les élèves de l’école et  tous les enseignants qui explosent en cris de joie et  en tapant dans leurs mains. La surprise, la joie, le bonheur…. Photographies, fleurs, cadeaux…tout se bouscule! Mon coeur vient d’exploser et se répand en larmes.

“Ouvre ton paquet!” me crie-t-on?  Un vase?  plus tard, je verrai! “Non, ouvre tout de suite” !

Qu’est ce que c’est? des dizaines de cartes , d’amour , de déclaration…il y a à lire. Et puis pour que chacune garde un visage, un album des photos de tous ces enfants faisant un coeur avec leurs mains.

Isabelle!!!!! Ma collègue, ma complice, mon amie!!! c’est toi qui a tout manigancé!!

“Tu vois, on t’a fait pleurer! Des enfants me regardent et pleurent aussi. ” Mais non, je ne suis pas triste, je pleure…de joie! Je ne disparais pas…on se reverra!

Comme l’a dit une des élèves : je te verrai au marché! Et puis il y a le regard d’un autre qui me scrute et sans doute surpris de savoir que je suis  si “vieille” , se frotte la joue et me dit :  “mais…. tu mets des crèmes!”

Bien sûr que j’en mets ! Mais avant tout, cette jeunesse , c’est à lui, c’est  à eux, à tous ces enfants avec lesquels j’ai partagé ma vie d’instit que je la dois. Bien sûr, ils  prennent de l’énergie, mais combien ils  en donnent en échange. Quelle belle énergie, et quelle belle vie avec eux! Je les en remercie du fond du coeur.

C’est pour ça. La batterie a fonctionné à plein régime, maintenant elle doit changer de rythme pour durer encore. Je vais reprendre mon souffle et partir pour une nouvelle étape..qui bien sûr croisera des regards d’enfants. Ils sont mon énergie, ils sont ma vie! Les miens, mais tous les  autres aussi

Tiens ça rime!

A relire mes derniers articles, il est évident que cette période de fin d’année, de fin de carrière, de fin d’école n’est pas un long fleuve tranquille.

Si,  à la surface,  le canard semble paisible et avancer avec douceur, en dessous, il bat des palmes comme un malade…

J’essaie moi aussi de ne pas laisser paraître à la surface tous les soubresauts causés par ma mise en tenaille entre l’administration et  la justice. Difficile, le pot  de terre contre le pot de fer, David contre Goliath…beaucoup d’expressions mais une réalité qu’il faut affronter.

Je pensais que ce serait plus facile en gardant le nez dans le guidon…et ce fut possible tout au long de cette dernière année…surtout en regard des difficultés en tout genre qui ont bridé notre travail et occupé nos esprits. Malgré cela, on a tenu toute l’année, Isabelle et moi : pour nous mais surtout pour les enfants, toujours pour les enfants.

Mais, sur la ligne d’arrivée, il faut bien lever le nez pour passer la ligne .

Les derniers jours passent comme au ralenti….et tous ces témoignages d’amitié et de soutien réactivent des questionnements sans fin.  Impossible de ne pas  y penser quand chacun a sa petite phrase ou une intention, pleine de compassion ou de gentillesse. Cela devient , non pas des couteaux dans la plaie( faut pas exagérer) mais des moments d’émotion beaucoup plus forts et beaucoup plus difficiles à contenir que je ne l’aurais imaginé.

“Ne pas trop prendre à coeur”, laisser aller, penser à moi… le plus difficile est d’aller contre ma propre nature : je suis faite comme ça! Mais que ça fait du bien ! Tous mes amours, tous mes amis…qui me connaissent pas coeur sont  là, en rempart…et m’attendent pour la suite …je suis tellement entourée ! quel bonheur!

“Ne pas perdre de vue l’objectif” c’est la phrase clé que mon mari me donne toujours quand je suis en panne d’outil et chaque fois, elle me remet sur le chemin. Merci à lui pour TOUT : 30 ans d’amour et de  complicité…pour commencer. Justement, il a hâte pour les 30 suivants et c’est lui qui a tranché….avec son humour à lui :  “finies les conneries!” Je traduis : l’école est finie…plus que quelques jours!

Donc, ne pas perdre de vue l’objectif et pour cela jalonner  les étapes qui m’y conduisent.

Mes collègues,  devenues  mes amies au fil de ce temps d’école, ont tellement insisté (et elles ont eu raison) pour que je les réunisse autour d’un pot de départ. Oui,  ne pas partir seule, mais les oreilles remplies de leurs éclats de voix, mélées de rire et de  messages d’amitié. Le pot de départ :  ce sera le lundi 30 juin. Je voulais que ce soit dans ma classe…mon point de départ et d’arrivée. Tous ont insisté pour que ce soit dans le préau…il y fera plus frais!

En cette fin d’année, beaucoup de célébrations, de pots, de départs à la retraite…entre collègues, entre amis et puis les cérémonies officielles. Mais de ces dernières, je ne peux faire partie malgré l’invitation ; je ne pars  pas officiellement en retraite…

Cependant, “on” ne me privera pas de tout ce qui fait un passage d’une étape de la  vie à l’autre… J’aurai le plus important : ce pot de l’amitié,  moment privilégié,  entourée de tous ceux qui ont partagé  ce parcours .

Et puis, je ne fais sans doute qu’anticiper la décision du Tribunal Administratif qui décidera très bientôt (mon avocat vient de déposer un référé) que je serai réellement en retraite, en cette fin d’année soclaire comme c’était prévu, puisque j’ai 55 ans passés.  Je ne veux pas me poser en victime car, nom d’une pipe.. .je n’ai fait aucune erreur…ALORS!!!!!!!!!!!!!

Je suis d’autant plus sereine que j’ai passé le relais : “mes héritières.”sont en place pour l’année prochaine.

“héritières”…ainsi se sont-elles nommées puisqu’elles héritent de “mes trésors” : l’expression de mon travail, la matérialisation de ma pédagogie..des graines à replanter : ce sera un peu de moi mais, en pédagogie, plus encore qu’ailleurs, chacun réinvente, enrichit les productions des précédents pour adapter cette fabuleuse aventure qu’est la transmission du savoir à des enfants pleins de vie.

Je ne serai jamais bien loin., elles le savent , …surtout avec ce nouvel outil :  je ne serai qu’à un petit clic!

Disponibilité refusée ; prodédure en référé lancée! Il est hors de question que je me laisse détourner de mon objectif par des tracasseries administratives …Je ne vais pas attendre que l’on statue sur mon sort. Je reprends la main!

Prévoir ou subir! J’ai toujours choisi et je garde le cap. Il était prévu que j’arrêterais d’être maîtresse d’école  fin juin 2008 ; il est naturel que  je célèbre ce départ.

J’invite donc  tous ceux qui m’ont accompagnée dans ce parcours  à un pot de l’amitié pour boucler ensemble cette étape de ma vie ! 1976….2008 ! Quelques années au service des élèves dont 14 à l’école Jean Moulin.

Rien écrit depuis des semaines, normal…je suis en apnée…j’attends

Apnée : C’est le mot  qui correspond le mieux à ce que je ressens en ce moment. Après les turbulences du début d’année, je suis repartie, la tête dans le guidon pour traverser cette année scolaire, le mieux possible…Mais maintenant que la ligne d’arrivée se profile, je lève un peu la tête et j’essaie de voir..et la ligne d’arrivée, et ce qu’il y a derrière.

En d’autres mots.. où serais-je et que ferais-je en septembre? Instit retraitée? en dispo? d’autres possibilités?

A ce jour, ma situation administrative pour septembre est le retour à  temps plein puisque l’Inspecteur en regard des besoins, m’a refusé le mi-temps. Mais  il dit aussi attendre fin juin pour connaître les besoins et me dire s’il m’accorde ou non la disponibilité!!!!! Se basant sur les mêmes données, il m’oblige à reprendre à plein temps, donc ma disponibilité est refusée…Non….cela il ne me le dira que fin juin!!!! Où est la cohérence?

La disponibilité me permettrait d’attendre la décision du Tribunal Administratif “plus sereinement “….mais aussi de dégager dès maintenant mon poste pour un collègue et surtout pour l’équipe qui organise l’année prochaine.

Non, mon devenir professionnel, est en suspens ; je dois attendre les décisions de l’Inspecteur d’Académie et du Tribunal Administratif!!!  Je suis en apnée…et je ne suis pas Jacques Mayol…loin de là…

Comme mon devenir professionnel est une pièce “maîtresse” de mon équilibre personnel ….Je sens qu’un rien peut me déséquilibrer! J’espère tenir bon, ce que j’ai toujours fait, mais…je sens quand même que je fatigue! Mon épuisement de début d’année est toujours là à me le rappeler. Heureusement j’ai des ancrages solides et je passe en ce moment mon énergie à créer d’autres plate-formes. Souhaitons que cela suffira à passer le cap!

La réponse ne m’appartient malheureusement pas. J’avais commencé un grand article pour développer les possibles réponses à cette question, mais il me semble que pour comprendre ma situation, mieux vaut passer par des mots clés…ceux qui résonnent dans ma tête en ce moment….parce qu’ils ont apparemment perdu tout leur sens ! Je commence par le plus incroyable : SEDENTAIRE!

 1980 : Prenant le volant de ma dyane à 6h00 du matin pour rejoindre mon école, à 70 k ms de mon domicile, je ne me doutais pas au fil des kilomètres, sur la route « accidentogène »  de Genève que j’étais SEDENTAIRE.

 Dictionnaire : sédentaire : 1) qui sort rarement de chez soi 2) Fixe, attaché à un lieu, 3) Qui se passe, s’exerce dans un même lieu : emploi sédentaire. 

 Inutile de préciser que cet emploi dépendait de la grande maison qu’est l’Education Nationale :  l’endroit où l’on apprend la maîtrise de cette belle langue : le français : là, où les mots ont un vrai sens. Or un mot qui signifie l’exact contraire ne correspond à aucune figure de style : ni oxymore, ni chiasme, ni antithèse. Si ça n’existe pas, ce n’est donc pas possible ;  eh bien SI !

 En effet, j’ai appris  à mes dépends que lorsque j’étais enseignante remplaçante, pendant une période de 4 ans et demi où j’ai sillonné le département et hors département, puisque dans cet exemple extrême, j’allais dans l’Ain !!!!! J’étais SEDENTAIRE. 

Qui l’eût cru ?…même pas mon inspecteur de l’époque qui a découvert, en même temps que moi que les services effectués en temps qu’enseignant remplaçant sont « réputés  classés A »  (sédentaire) donc pas  classés B (service actif).

  C’est cette  «  réputation » qui a même trompé la gestionnaire responsable de mon dossier lorsqu’elle m’a assuré, oralement d’abord, puis devant mon insistance,  par écrit que je possédais bien les 15 années de  services actifs indispensables pour conserver mon droit à la retraite  à 55 ans tout en obtenant le concours de professeur des écoles, classé A : sédentaire !!!)

 A cause et grâce à cet écrit, je suis aujourd’hui en attente de la décision du Tribunal Administratif pour savoir si je serai A LA RETRAITE, L’ANNEE PROCHAINE, comme je l’avais prévu,  puisque j’ai 55 ans !

Je ne peux pas répondre à cette question puisque c’est  la justice, plus précisemment le Tribunal Administratif qui me le dira. Quand????? J’ai l’impression depuis quelques semaines de vivre en apnée…Mes collègues me posent, et souvent n’osent même pas me poser la question  en raison de la préparation de la prochaine année scolaire.  Et la non réponse est toujours la même. Je vis suspendue  à une décision qui selon la place où on met le curseur, du pire au meilleur me laisse entrevoir tellement de scénari que j’en prends le tourni.

Mon sort est entre donc les mains d’un juge. Comment en suis-je arrivée là???

J’ai fait confiance à mon Administration qui m’a assurée, verbalement puis par écrit (d’où ma possibilité d’aller au Tribunal) que je disposais des 15 années de service actif me permettant de conserver mon départ à la retraite à 55 ans, tout en devenant Professeur des Ecoles en réussissant  le concours interne.

Mais  pourquoi vouloir devenir Professeur des Ecoles? Pas pour avoir un titre ronflant et (bien sûr allonger ma carrière de 5 ans!!!! ) mais tout simplement  pour améliorer mon salaire et ma retraite. J’ai été  en disponibilité plusieurs années, en raison de  la mutation de mon mari puis pour l’éducation de mes enfants (et beaux enfants) et  mes nombreuses activités bénévoles. La réussite de ce diplôme me permettait de compenser ce déficit, étant donné que toutes ces activités, familiale et associative ne sont reconnues en rien dans les cotisations retraite, et ça c’est une autre histoire!

Il va sans dire que la préparation et l’obtention de ce diplôme m’a demandé, à 49 ans, un investissement personnel important. Je ne pensais pas réussir mais j’y suis allée  confiante car  ayant pris toutes mes précautions : l’essentiel étant de conserver mon droit à la retraite à 55 ans. Je savais qu’il fallait ces 15 années de service actif dit classe B et je les avais : 9 + 6 = 15 . Je vérifiais bien que j’avais validé mes service auxiliaires. Tout était OK!

Losque j’ai réussi l’écrit et que je me suis retrouvée près du but, j’ai de nouveau rappelé ma gestionnaire qui m’a, une fois de plus précisé que j’avais bien les 15 ans. Une fois  le concours réussi, je l’ai rappelé de nouveau et là…pour me tranquilliser, elle m’a envoyé un document l’attestant, signé par le chef de service.

Avec le recul, je me dis qu’une petite alarme a dû s’allumer plusieurs fois, car si aujourd’hui, je n’avais pas  ce document, je ne serai pas en train d’écrire cette histoire mais de préparer ma prochaine rentrée.

Etre sûre d’avoir bien fait les choses, se renseigner, aller au fond des choses .Et oui, je pense et je suis même sûre ( la suite le prouve assez) être quelqu’un d’attentif et de vigilant. Secrétaire de formation, responsable associative, mère de famille, enseignante….j’ai mené chaque activité de ma vie avec la même rigueur. Je peux d’ailleurs  aujourd’hui retrouvée des témoignages écrits de nombreux épisodes de ma vie..et je viens d’avoir 55 ans.

J’avais aussi en mémoire une autre sécurité : lorsque ma fille Candice est morte, quelques jours avant sa naissance, la personne chargée de mon dossier à l’Inspection Académique m ‘avait conseillé de l’inscrire  sur mon livret de famille. Elle me précisait que si j’avais deux autres enfants,  je pourrais, avec 15 ans de service, prendre ma retraite. Son attention partait d’un bon sentiment, mais il se trouve que ma fille, née viable est bien considérée comme citoyenne et apparait sur mon livret de famille. Elle est surtout dans mon coeur depuis 26 ans et cette attention était restée aussi. Malheureusement ce qu’elle m’a dit est aussi faux!

Et aujourd’hui, alors que je voulais améliorer ma situation, je me retrouve piégée!!!!

Je reprends les articles laissés de côté…je pensais  remanier celui-ci,  mais finalement, je le laisse tel quel…Il est vraiment d’actualité pour m’aider à prendre du recul.

Je vais  me recentrer sur mon blog (bientôt site, j’espère)  parler de mes expériences, des valeurs qui guident ma vie et des combats qui me restent à mener. Des sujets concernant plutôt mes vies professionnelle et associative. Pour la vie personnelle, elle apparaîtra fatalement en filigrane mais pas plus…c’est bien pour cette raison qu’un  site sera un meilleur support que le blog.

Un coup dans le rétroviseur avec une rubrique “Le jour où..” et un coup d’accélérateur avec une rubrique : C’est parti pour…”

Vu que je suis à plus du 1/2 siècle, il y aura bien sûr plus des jours …comme celui où :
– j’ai travaillé pour la Chambre de commerce  comme instit.
– je suis devenue IRMA
– j’ai été reçue par  le garde des sceaux
– je suis passée de secrétaire à instit en un week end!
– je suis devenue syndic (bénévole) de copropriété

– j’ai trouvé un boulot en distribuant des prospectus
– je suis redevenue étudiante  à 48 ans
– j’ai été entendue à la Commission des lois

– j’ai travaillé dans un garage
– je suis devenue professeur des écoles
– j’ai organisé des manifs….
– j’ai créé un comité de soutien pour défendre un policier
municipal

–  etc…….

Pour la rubrique “C’est parti pour…” J’ai plusieurs pistes , mais d’abord, l’objectif prioritaire : être à la retraite….à la fin de l’année!

Et là, vastes sujets dont  le premier …que j’espère  intituler :

– obtenir gain de  cause devant le Tribunal Administratif.

Je saurai d’ici quelques jours si je peux commencer à raconter ce qui m’est arrivé et pourquoi je suis obligée d’aller au  Tribunal Adminstratif!

Je vais pouvoir commencer à raconter, les requêtes vont être déposées!